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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 14:35

 

GPSO. Etude sur la notoriété et la satisfaction des habitants du Sud-ouest.

Sondage IFOP. Rapport d’étude n° 711174- octobre 2010.

 

Il s’agit d’un sondage commandité par RFF sur les territoires des départements suivants : 33, 40, 64, 47, 32, 65, 82 et 31.

L’échantillonnage est structuré selon la méthode des quotas avec une marge d’erreur comprise entre 3,2% (1000 personnes) et 4,5% (500 personnes). 

L’échantillon des sondés par Internet représente au total 809 individus âgés de 18 ans et plus sur les départements directement ou indirectement bénéficiaires des GPSO.

 

A l’énoncé de ce préalable du rapport IFOP nous pouvons déjà, sur la forme, constater plusieurs choses importantes pour la compréhension des valeurs chiffrées.

En étendant le sondage à des départements non directement impactés par les fuseaux des GPSO (départements 65 et 32) on peut imaginer que les habitants de ces départements ont un apriori « positif » pour une infrastructure qui pourrait (j’emploie à dessein le conditionnel), pour quelques actifs privilégiés, apporter un plus à leur environnement professionnel.

L’utilisation d’un moyen informatisé (Internet) pour ce sondage implique aussi que la population prise en compte[1] soit raccordée à cet équipement et l’utilise de manière courante pour ce type d’interrogation. Enfin des termes comme « bénéficiaires des GPSO » sous entend que les GPSO apportent des bénéfices, des avantages, aux habitants du Sud-ouest, ce qui constitue un présupposé qui n’est pas démontré ni aujourd’hui, ni, à fortiori, après la mise en service de la LGV (>2020).

 

Sur le fond notre analyse portera sur le rapport IFOP diffusé sur le site des GPSO è rapport.

 

La première question porte sur la notoriété des GPSO.

A la vue du logo GPSO seuls 36 % des sondés connaissent de nom ou de vue les GPSO.

En clair seulement un peu plus d’un tiers des sondés appelés à donner ensuite un avis sur la teneur et les objectifs des GPSO disent connaître de vue ou de nom les GPSO. N’est-ce pas là un signe fort quant à la « pertinence » des questions-réponses du sondage car rien ne prouve que les 36% disant connaître « GPSO » de vue et de nom aient eu accès au dossier des GPSO via RFF et aient pu étudier les paramètres technico-économiques qui s’y rattachent ?

Si l’on posait la question lors d’un sondage de ce type à des Français sur l’ONU, l’OTAN, le CNRS… n’aurions-nous pas 36% ou plus de personnes connaissant de vue ou de nom ces acronymes sans pour cela connaître les structures, le domaine d’action, le fonctionnement de telles institutions ?

 

La deuxième question, ainsi que la troisième, se caractérisent par une formulation suffisamment vague commençant par « selon vous… » qui occulte là encore la question primordiale sur une information suffisamment structurée sur les GPSO qui serait indispensable pour que soient pertinentes des questions sur la consistance et les objectifs des GPSO.

Dans ce cas verrions-nous réponses concernant l’amélioration des dessertes (29%), la limitation du trafic routier (19%), l’amélioration des infrastructures (17%) ou, par une ambiguïté bien connue entre TGV et LGV, qui fait dire à 18% des sondés que les GPSO sont pour le « TGV entre Toulouse et Bordeaux »[2] ?

 

Pour la troisième question sur la notoriété des GPSO, curieusement nommée « identification assistée des objectifs du GPSO », le choix des 6 sous questions peut être pris comme un biais fort du sondage en suggérant que les GPSO vont permettre la modernisation des lignes de train existantes ou l’amélioration du réseau ferroviaire sur certaines zones peu ou mal desservies.

Pour ceux qui ont eu l’occasion de parcourir quelque peu le dossier RFF des GPSO il est évident que ces deux derniers objectifs ne sont absolument pas prioritaires pour RFF qui souhaite avant tout construire des lignes nouvelles à grande vitesse (LGV) pour desservir les grandes métropoles (Paris, Bordeaux, Toulouse) avec des TGV roulant à 320/350 km/h afin de concurrencer le transport aérien pour une clientèle ciblée.

 

La quatrième question, devant mesurer l’adhésion des sondés aux GPSO, en posant que ces derniers prévoient la création des LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne, ainsi que l’amélioration de la desserte du Bassin d’Arcachon, du Béarn et de la Bigorre, mérite que l’on s’attarde quelque peu sur les réponses enregistrées.

De manière brutale et péremptoire on apprend que 89% des sondés sont favorables ou très favorables aux GPSO en réponse aux questions formulées comme précisé ci-dessus.

Ce chiffre de 89% d’avis favorables a été porté comme un étendard dans tous les médias[3] par RFF (cela semble évident puisque c’est lui qui finance l’étude et peut être bien avec l’argent du contribuable qui a était investi dans les études des GPSO), et la Région Aquitaine avec son Président en tête, grand héraut de la cause GPSO !

Il nous semble qu’il doit être examiné, et amendé, à la lumière des observations plus précises qui s’y rattachent.

Sans revenir sur le biais du sondage explicité plus haut, l’IFOP note que ces 89% d’avis favorables aux suggestions de la quatrième question viennent prioritairement des cadres et professions intermédiaires, des habitants des départements majoritairement urbains (Gironde, Haute-Garonne) où se trouvent les métropoles Bordeaux et Toulouse ou les grosses agglomérations (20 à 100 000 habitants) et bien sûr des utilisateurs habituels du train.

Or si les GPSO mettent au cœur de leur mission la création des LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne la bataille pour l’amélioration conjointe des dessertes du Bassin d’Arcachon, du Béarn et de la Bigorre fait rage entre RFF et les élus de ces territoires.

On trouvera facilement dans les médias les échos de ces joutes[4] qui conduisent, entre autres, le COBAS/COBAN a ne pas vouloir financer la LGV Tours-Bordeaux, et Pau ou Tarbes a faire du lobbying permanent auprès de l’Etat pour qu’il impose à RFF l’intégration réelle dans les GPSO des liaisons à grande vitesse pour ces agglomérations hors fuseaux. A ce jour seules les études d’un raccordement ultérieur des villes comme Pau, Tarbes, Orthez…sont prises en compte dans les GPSO[5].

Si dans les 11% des sondés qui se déclarent défavorables aux GPSO on trouve en priorité les habitants du 47, 40 et 64 on peut y voir un signe d’une lucidité de ceux-ci qui ont bien compris que les LGV seront prioritairement vecteur de croissance pour les métropoles bordelaise et toulousaine.

 

Les deux questions ouvertes suivantes reflètent l’image que souhaite mettre en avant RFF pour les GPSO avec en tête la « modernité » de la vitesse.

Si le sondé réagit émotionnellement à cette question (les documents, images, clips vidéo…diffusés par RFF sont marqués par la symbolique des LGV où circulent des TGV à des vitesses allant jusqu’à 320-350 km/h sans bruit et effort apparents) il faudra bien prendre du recul[6]et se persuader que le tracé des GPSO (où sont les lignes droites… ?), l’éloignement des nouvelles gares des lieux de vie, leur desserte et celle des gares existantes…sont autant de limitations au mythe du « train-fusée » comme on a pu le voir avec la rame du record du monde de vitesse sur rail (574 km/h !). On pourra lire avec intêret le rapport intermédiaire de l'étude indépendante lancée par un collectif d'élus lot et garonnais ==>  http://sd-2.archive-host.com/membres/up/8889538985686605/docs_gene/synthese_pre_etude_independante_Bx-Toulouse_dec_2010.pdf

 

Enfin la dernière série de questions sur l’image des GPSO mélange allégrement paramètres techniques, économiques, sociologiques… qui renforcent le flou général de ce sondage.

Que dire de la pertinence d’un taux de 89% pour voir la modernisation des lignes existantes dans les GPSO quand on sait bien, en examinant le dossier RFF, qu’ils sont justement une alternative LGV à cette modernisation que les associations demandent !!?

De même il n’est pas sûr que la décennie 2020-2030 sera témoin de l’utilité des LGV pour tous les habitants du Sud-ouest comme le déclarent aujourd’hui 89% des sondés.

Hormis les métropolitains de Toulouse et Bordeaux voulant se rendre dans ces villes, ou rejoindre Paris, quelle sera la valeur ajoutée des GPSO pour un habitant de Langon, La Réole, Morcenx, Arcachon, Bayonne… qui risque de voir entreprises et emplois locaux migrer vers Toulouse et Bordeaux (cf. projet Euratlantique) ?

 

En conclusion la lecture attentive de ce sondage et de ces modalités présente un éclairage nettement moins dithyrambique que celui très médiatisé par RFF et la Région Aquitaine.

Chacun pourra se faire une opinion sur cette propagande après la lecture de cet article et des documents annexes et en la mettant à l’épreuve des propositions de RFF lors de l’enquête d’utilité publique.

 

Jean Robert Thomas – 29 décembre 2010



[1] En octobre 2010 on relève 37 millions d’internautes en France mais seulement 62% des foyers français ont un accès Internet. Voir aussi la publication INSEE Internet au quotidien : un français sur quatre-n° 1076 –mai 2006 qui montre que ce sont les jeunes de 15_19 ans qui sont les plus gros utilisateurs d’Internet alors que le sondage porte sur des habitants du Sud Ouest de 18 ans et plus. Enfin cette étude signale que ce sont les CSP supérieures (cadres, professions libérales…) qui utilisent préférentiellement Internet, tant au bureau qu’au domicile.

[2] Il faut savoir qu’aujourd’hui les TGV circulent tous les jours sur la ligne actuelle.

[6] Les premiers éclairages (rapport intermédiaire) issus de l’étude indépendante lancée sur Bordeaux-Toulouse montre bien que les écarts réels en temps de trajet entre la formule LGV et l’aménagement des voies existantes sont loin des chiffres claironnés par RFF.

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Bon visionnage. J.R . Thomas

 

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