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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 08:18

Revue de presse juillet 2011

 

L’écologie qui gène…

 

Un article paru il y a quelques mois dans La Tribune vient relancer le débat écologique lié aux infrastructures de transports. Si certains mettent en avant la faible consommation énergétique des TGV par rapport aux véhicules routiers et à l’avion, il faut raisonner plus globalement pour évaluer le véritable impact des couples LGV/TGV sur l’environnement (effet seul en terme de CO² et GES).

Les estimations de RFF pour les LGV du GPSO, rapportées par la journaliste Claude Mandraut, relèvent d’un optimisme radieux quand on apprend que les GES dégagés par la construction de la LGV seraient compensés en 7 ans à peine.

Mais voila, il faut appréhender peut être le problème différemment.

Qui dit compensation reconnaît implicitement que la LGV remplacerait, en termes de dégagement de GES, des sources plus polluantes pour le transport des voyageurs ou du fret.

Or peut-on jurer que la construction d’une LGV va restreindre l’accroissement du trafic aérien ou du fret routier ?

Ceci est mis en brèche par les déclarations des milieux politiques et économiques quand on peut lire de ci de là l’accroissement des compagnies low-cost du transport aérien (cf. le succès du terminal Billi de Bordeaux)  , la progression attendue (espérée ?) du transport routier ou aérien de fret (par exemple avec  GEODIS avec ses branches Géodis Calberson ou Géodis BM) qui fait que nos responsables politiques se lancent dans la construction de l’autoroute A65, l’élargissement de la A63, et réclament, toutes tendances politiques confondues, la réouverture du dossier du Grand Contournement de Bordeaux.

On ne reviendra pas sur le coup de pouce accordé au transport aérien par les différentes structures régionales (agglos, CCI, région…) qui subventionnent l’implantation des compagnies aériennes low-cost ni sur le coup de poignard environnemental qui accompagnera la construction du tout nouvel aéroport de Notre Dame des Landes, proche de Nantes.

On peut donc craindre que  le bilan GES de la LGV ne s’ajoute simplement à celui des infrastructures de transport existantes, et à venir, celles-ci devant répondre à notre désespérante soif de « mobilité » alors que tous les indicateurs sociaux-écolo-économiques devraient nous inciter à la modération. On devra aussi un jour analyser quelle incidence sur notre environnement peut avoir une infrastructure où vont circuler des TGV à 320-350 km/h, consommant des mégawatts chacun d’une énergie tirée de centrales gaz-charbon (via Electrabel) ou de centrales nucléaires (avec leur cortège d’incidents et de recyclage de combustible non maitrisé).

Il ne faudra pas chercher un appui pour le respect de la planète auprès d’un ancien (furtif) ministre de l’Ecologie, Alain Juppé, qui déclare récemment dans Sud-Ouest  à propos du GPSO: « Il ne nous reste qu'à préciser le tracé au sud de Bordeaux, a expliqué Alain Juppé. Mais la France s'emploiera à tenir ses engagements dans les délais que nous nous sommes fixés. En espérant qu'il n'y aura pas de papillons et de bestioles diverses pour retarder le projet. ».

Cette remarque ironique envers ceux qui tentent de défendre notre environnement pour tous (nous même et nos enfants) vient en écho avec les propos du président du Conseil régional d’Aquitaine, Alain Rousset, qui lors de ses vœux de début 2011 qualifiait les arguments des opposants à la LGV de « débiles et absurdes ».

On est vraiment loin dans la bouche de nos élus des grandes déclarations démagogiques  prônant la concertation et le dialogue !

 

 Le TGV ne tire plus la croissance de SNCF

Le doute gagne de nombreux cercles quant à la capacité du TGV, et au-delà de SNCF, à garantir la rentabilité de l’entreprise nationale ferroviaire.

La réforme de 1997 (séparation en EPIC de SNCF et RFF) n’a pas résolu loin s’en faut le problème de dette abyssale cumulée des deux sociétés (approchant 40 milliards d’euros).

Les pertes découlant de la branche fret SNCF, la moindre rentabilité des TGV fortement entaillée par l’augmentation des redevances perçues par RFF, l’effort financier incontournable pour RFF/SNCF pour rénover en urgence un réseau ferré à l’abandon depuis des décennies… sont autant de signes de la gangrène économique du secteur ferroviaire français.

Certains comme Yves Crozet, professeur d’économie s’exprimant dans les colonnes des Echos le 20 juillet 2011, veulent voir dans la réforme partielle et mal maîtrisée de 1997 la principale cause du marasme profond du ferroviaire français. Dressant un diagnostic alarmiste de la santé économique de l’entreprise ferroviaire il pointe les principaux symptômes du mal en déclarant : «   Fret SNCF reste le grand malade du secteur, malgré plusieurs plans de relance. Le transport régional de voyageur (TER) s'est beaucoup amélioré, mais son coût de production fait débat au sein même de la SNCF, qui l'estime 30 % au-dessus de ses concurrents potentiels. Il faut aussi que les régions s'interrogent sur la pérennité de certaines lignes où les taux de remplissage des trains sont très bas. Enfin, le TGV, que tant de pays nous envient, voit son modèle économique mis à l'épreuve en raison, selon la SNCF, d'une hausse importante des péages de RFF ».

D’autres comme Renaud Honoré, toujours dans Les Echos du 20 juillet, nous apprennent que le TGV n’est plus le miracle technico-économique des années 1980-2000 et qu’il va être concurrencé par des autocars d’Eurolines. Ces dessertes, pourtant encore encadrées par la loi (jusqu’à quand si l’on veut jouer à plein la concurrence ouverte prônée par l’Europe ?), risquent bien de rogner sur le domaine TGV si l’on en croit les propos du patron d’Eurolines qui dit viser la clientèle jeune et âgée grâce à  « des tarifs qui sont en moyenne moitié prix de ceux du TGV ou de l'avion ».

Même l’ancien secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, reproche à SNCF, dans Les Echos du 15 juillet 2011,  son manque d’ambition tant pour le TGV que pour le fret en relevant pêle-mêle que « dans la crise actuelle je trouve déjà miraculeux que la France consacre autant d’argent au rail », « je pense que c’est [le fret] un échec. Je suis favorable au développement des autoroutes ferroviaires mais il faut être réaliste : ce n’est pas là où l’on fera beaucoup de volumes ».

Autant de propos que l’on pourrait qualifier de choquants dans la bouche de celui qui était il y a encore peu à la tête du secrétariat d’Etat aux Transports et tutelle de SNCF et qui trouve le rapport Mariton (rapport dénonçant le peu de rentabilité des projets LGV) « bien technocratique et craintif » ! Que n’a-t-il mis en œuvre les mesures indispensables pour redresser SNCF alors ?

Mais il était à la manœuvre pour pousser les feux des projets LGV (SEA Tours-Bordeaux et GPSO) engageant ainsi l’endettement du contribuable pour des décennies et ignorant les conseils des experts alertant sur l’état du fret et du réseau ferré.

La nouvelle ministre, Nathalie Kosciusko-Morizet, s’inquiète elle (mais peut-on croire ceux et celles qui nous ont menti trop souvent par le passé ?) des recommandations d’Hervé Mariton en envisageant de doubler l’effort consacré à la régénération ferroviaire (La Vie du rail -6 juillet 2011 page 10).

Le temps nous apprendra si ces promesses ministérielles tiendront les chocs conjugués des prochaines élections et de la crise économique et financière  française.

 

La France délaisse le social

 

Les doutes qui m’étreignent, quant à la capacité de l’Etat, et par répercussion de SNCF et RFF, d’entreprendre une réforme profonde du secteur ferroviaire et d’injecter sans tarder les milliards d’euros indispensables pour retrouver un réseau opérationnel, se trouvent conforter ces jours-ci quand on voit le délabrement continu de notre secteur social.

La France croule sous le déficit et la dette  conjugués (7,7% du PIB, 85% du PIB). Elle est engagée dans un plan de rigueur qui ne dit pas son nom mais tous les indicateurs sociaux le prouvent.

Après l’allongement de la durée de cotisation retraite, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux (voir article du Monde mardi 12 juillet 2011), voici  que le SAMU social de Paris subit un désengagement massif de l’Etat.

Bertrand Delanoë réagissant aux déclarations de Benoît Apparu, secrétaire d’Etat au logement, s’indignait du désengagement de l’Etat qui avait conduit le président du Samu social, Xavier Emmanuelli, à la démission. Le secrétaire d’Etat au logement avait reconnu que l’Etat avait supprimé 4500 places d’hébergement d’urgence. Quand le budget de l’Etat pour le Samu social pourrait être amputé de 25%, le gouvernement lance par ailleurs des prévisions, non budgétées dans le SNIT, pour 4000km de nouvelles LGV au coût moyen de 20 millions d’euro/km !

A trop favoriser une frange privilégiée de la société française (les élites nomades) l’Etat risque l’explosion sociale dans une majorité de citoyens de la classe moyenne. Jacques Chirac avait parlé en son temps d’une « fracture sociale » qui sera mise en exergue par Xavier Emmanuelli dans la Collection « Que sais-je » : rien ne semble réglé à mi 2011 alors que l’Europe s’enflamme aux cris des « indignés ».

Alors faut-il enlever 20 millions d’euros au Samu social, qui ne parvient pas à faire face à la demande d’aide de milliers de personnes en grande difficulté, pour construire avec un seul km de LGV de plus ?

 

En vrac…

Les perdants (cocus) de la LGV http://www.sudouest.fr/2011/06/24/la-complainte-des-cocus-434437-731.php

Les Chinois rouleront moins vite en TGV : moins bêtes que nous ? http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/auto-transport/actu/0201479081880-la-chine-ouvre-un-tgv-pekin-shanghai-plus-lent-qu-attendu-188531.php

 

Bonne lecture.

Jean-Robert Thomas             27 juillet 2011

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A cet effet il nous semble important de mettre à votre disposition les présentations publiques que nous sommes amenés à faire lors de réunions publiques. Ainsi nous débutons cette rubrique en proposant la consultation de la présentation faite le 8 juillet à Saint Médard d'Eyrans à l'occasion de l'Assemblée Constituante de notre association.

Bon visionnage. J.R . Thomas

 

Cliquer ici:

 http://sd-2.archive-host.com/membres/up/8889538985686605/reunionspubliques/Module_presentation_AG_constituante_V2.ppt

 

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