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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 08:21

 

La Revue de Presse

           Décembre 2012- Janvier 2013

 

A l’entame de cette nouvelle année je me dois de vous renouveler mes meilleurs vœux pour 2013.

 

Nous reprenons aujourd’hui la diffusion désormais classique de notre revue de presse thématique.

 

Budget en berne, financements en panne

 

2013 s’inscrit dans la continuité de 2012 et rien ne vient éclaircir un ciel économique français durement touché par la crise financière mondiale débutée en 2008.

Ce marasme se répercute évidemment sur les budgets publics de l’Etat et des collectivités territoriales. C’est ainsi que la Région Aquitaine ne voit son budget augmenté de seulement 1% en 2013 soit moins que l’inflation. On comprend mieux dans ces conditions, et pour garantir la couverture des compétences essentielles de la Région (lycées, santé, TER…), que le groupe EELV et le Front de Gauche aient refusé de voter les subventions pour les LGV du GPSO et le Grand Stade de Bordeaux. Cela semble en cohérence avec le besoin accru de financement en soutien aux transports par TER qui devrait augmenter de 20% en 2013. Reste que le président Rousset, engagé plus que jamais dans la folle aventure des LGV, entraine sa majorité socialiste dans toujours plus de financement pour les LGV de Tours-Bordeaux et du GPSO !

Son collègue socialiste président du Conseil Général de la Gironde, Philippe Madrelle, présente lui aussi un budget serré pour 2013 et indique que « l’heure des choix a sonné ». On peut être inquiet de voir le CG33 restreindre sa part d’aide aux communes mais engager 42 millions d’euros dans la seule année 2013 pour la LGV Tours-Bordeaux tout en soulignant que les dotations de l’Etat au département sont gelées en 2013 !  On souhaiterait plus de cohérence de la part de nos élus.

 

Si l’on met en perspective cette apparente incohérence c’est que pendant ce temps l’Etat s’interroge sur la pertinence des grands projets d’infrastructures de transports qui avaient été inscrits au Schéma National des Infrastructures de Transports (SNIT) par le gouvernement Fillon et la capacité de la France à financer de tels investissements qui se monteraient à plus de 250 milliards d’euros. Jean-Denis Renard dans Sud-Ouest parle ainsi de « révisions déchirantes » pour les projets du SNIT rappelant que ses rédacteurs avaient été prudents en écrivant alors : « Les projets du SNIT seront soumis à une phase d'évaluation socio-économique et de hiérarchisation qui permettra d'établir un plan de financement soutenable au regard des contraintes pesant sur l'ensemble des finances publiques ». La Commission Mobilité 21 devra dans les prochaines semaines statuer sur ce point.

C’est aussi Jean-Bernard Gilles, journaliste à Sud-Ouest, qui rapportait les propos de Guillaume Pépy, PDG de SNCF, qui, en aparté, lançait un pavé dans la marre en déclarant « que le coût d'objectif de la construction du tronçon de la LGV Tours-Bordeaux, estimé à 7 milliards, le 16 juin 2011, lors de la signature du contrat de concession entre RFF et Vinci, serait à la hausse, au point d'atteindre 10 milliards d'euros en 2017 ». On ne pouvait avoir meilleure confirmation de nos doutes quant à la sincérité de RFF et Vinci dans leurs estimations successives du coût pour la LGV Tours-Bordeaux. On devrait s’en souvenir pour celles que RFF avance dans le cas du GPSO !

 

On voit bien ici un exemple parmi d’autres des Partenariats Public-Privé (PPP) qui sont un piège pour le contribuable et l’usager appelés à financer deux fois les LGV (impôts et billets de train) pour le plus grand bénéfice des sociétés privées comme Vinci, concessionnaire des voies ferrées durant plus de 50ans.

Malheureusement l’usage immodéré des PPP semble ancré dans nombres de « cerveaux » chez nos hommes politiques et grands serviteurs de l’Etat. Ces derniers jours on pouvait lire dans les colonnes de Sud-Ouest les propos du préfet Delpuech relayant l’idée émise quelques jours avant par François Hollande : « Quand une concession de service public permet de réaliser le viaduc de Millau en trois ans au lieu de quinze, sans un euro d'argent public, pourquoi s'en priver ? ».

Il évoquait ici une astuce  pour garantir le financement des travaux de la rocade bordelaise qui s’enlise dans le refus de l’Etat, et des collectivités territoriales, à dépenser des millions d’euros dans son élargissement.

 

On ne comprendrait pas alors comment l’on trouverait un financement pour le GPSO que Guillaume Pépy lui-même estimait déjà l’an dernier à 20 milliards d’euros !

Pour ceux qui auraient tendance à croire que la solution de rattrapage passerait par des budgets européens il faut savoir que ces derniers sont aussi sous surveillance et réduits puisque découlant des budgets étatiques. Ainsi après avoir été réduit pour 2013 de 1091 milliards d’euros à 1010 milliards d’euros il serait de nouveau amputé de 25 milliards d’euros prélevés sur les investissements pour la recherche ou les transports.

Le coup de grâce aux dépenses de la France dans les infrastructures de transports pharaoniques comme les LGV viendra peut être assez vite après l’annonce électrochoc d’une « faillite de la France » par Michel Sapin ces derniers jours. Le ministre du travail a peut être été piégé sur RadioJ mais malgré les allégations rassurantes de Pierre Moscovici quelques heures après (« Ce qu'il signifiait par là, c'était que la situation des ­finances publiques était préoccupante ») le doute s’installe quand Le Figaro explicite cinq indicateurs économiques alarmants sur la santé financière de la France.

 

Une église des pros LGV ?

 

Dans les multiples débats qui agitent partisans et détracteurs des Grands Projets Inutiles Imposés (GPII), et en particulier ceux qui relèvent des LGV, on arrive à penser que les premiers sont de plus en plus adeptes et/ou gourous d’une « église » des croyants dans le Progrès technique et technologique qui s’accompagnerait nécessairement du bonheur pour nos concitoyens.

Or comme le disait Jacques Ellul[A] dés 1988 à propos du temps gagné par l’extrême vitesse : « Combien rares ces vraies nécessités de gagner du temps. La réalité, c’est que « aller vite » est devenu une valeur en soi que l’on ne conteste plus ».

 

Ce principe trouve une exemplification comme on peut le lire dans les déclarations de Pierre Camani, président du Conseil Général du Lot et Garonne et partisan des LGV, qui est bien embarrassé pour payer études et acquisitions anticipées du GPSO avec des finances départementales qui ne le peuvent pas et qui se retranche dans une fausse excuse : « Tout d'abord, je n'ai pas encore été saisi par le Conseil régional pour nous acquitter de cette somme. Ensuite comme je l'avais dit en mars dernier, le Lot-et-Garonne s'est engagé sur 34 millions d'euros pour la LGV Bordeaux-Tours parce que nous sommes convaincus de la nécessité de cette infrastructure. Nous ne pourrons pas aller plus loin car la situation financière du département ne le permet pas ».

D’autres, tel Pierre Izard, président socialiste du Conseil Général de Haute-Garonne, parait faire allégeance au « maître » Alain Rousset en usant contre les opposants au GPSO de la technique de chantage bien connue afin de se prémunir d’un éventuel abandon de la LGV à Toulouse: « S'il n'y a pas la LGV, il y aura inévitablement une discussion nouvelle sur un (nouvel) aéroport ».

Cet argument fallacieux (même si Nantes est bien desservit par le TGV le gouvernement pousse quand même à la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes) semble se fondre dans le lobbying acharné du « champion » du GPSO, Alain Rousset, qui réfute un possible enlisement budgétaire de ce projet comme le laissait entendre quelques jours plus tôt son collègue Gilles Savary. Que penser d’ailleurs du réalisme économique que l’on pourrait attendre du président socialiste de la Région Aquitaine quand il déclare : « Je rappelle que les 12 milliards[B] dont il est question sont encore peu de choses au regard des capacités d'investissement de l'État » ? C’est faire peu de cas des affres de la récession et de la dette que vivent ses amis au pouvoir : on pourrait demander à P. Moscovici, J. Cahuzac ou M. Sapin comment ils pensent trouver près de 20 milliards d’euros pour le GPSO qui, rappelons-le, ne constitue qu’un des projets du Schéma National des Infrastructures de Transports (SNIT) culminant à environ 245 milliards d’euros !?

 

La politique politicienne, si elle n’était pas aussi grossièrement évidente dans les propos de nos dirigeants, semblerait donner raison à Alain Rousset dans sa « croyance quasi mystique » pour les LGV. C’est ce qui semble ressortir des commentaires journalistiques bruts entourant quelques phrases du discours de François Hollande lors de sa visite en Gironde le 10 janvier dernier.

 

Qu’a-t-il déclaré au juste ? Si l’on se rapporte aux propos rapportés par les médias on trouve : « En Aquitaine, il y a les 250 km de ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux[C] et puis même la suite, même si je sais qu'il y a quelques endroits où c'est toujours difficile, mais ça passera parce que ça doit passer. C'est l'avenir » (Sud Ouest, 11 janvier).

Il ne donne toutefois aucune précision sur le mode financement et l’engagement de l’Etat dans ces projets de LGV allant simplement jusqu’à envisager (un signe quant à l’impossibilité d’un financement étatique ?) le recours aux Partenariats Public-Privé pourtant décriés par certains proches[D] dont Alain Rousset lui-même[E] !

Dans une attitude de « prudence » politicienne, qui lui est souvent attribuée dans la sphère politique, François Hollande s’emploie d’ailleurs aussi à ne pas donner un satisfecit gratuit aux pros LGV quand il ajoute : «… nous ne pouvons pas manipuler les deniers publics pour annoncer des investissements si nous n'avons pas la ressource nécessaire." "Il faut toujours se méfier de ces incantations à coups de milliards ».

 

Reste donc en fait une formule laconique (ça passera parce que ça doit passer…) qui  relève plus de l’incantation « moderniste » que de l’engagement.

On ne saurait que trop recommander aux différents décideurs dans ces projets de lire la critique très argumentée de ces derniers que nous donne Daniel Ibanez dans Les Echos.fr.

 

On relèvera, comme le fait Serge Bardy dans La Dépèche.fr, que François Hollande semble donner un « signal favorable » vers Alain Rousset et Martin Malvy (ne pas froisser des soutiens socialistes en cette période difficile pour le chef de l’Etat… ?) sans prendre garde aux conclusions attendues mi 2013 des travaux de hiérarchisation de la Commission Mobilité21, commission pourtant mise en place à cet effet par son gouvernement « L'annonce du chef de l'Etat, qui intervient alors même que la commission Duron, chargée de prioriser les projets, n'a pas encore rendu son rapport, confirme, selon Martin Malvy, l'unité de l'itinéraire Paris-Bordeaux-Toulouse ». Une manipulation médiatique de la part du président de la Région Midi-Pyrénées pour faire taire les élus de plus en plus récalcitrants à financer sans compter un GPSO pharaonique et peu utile aux territoires traversés hors Toulouse ?

C’est d’ailleurs ce qui révolte les élus du Pays Basque dont Michel Hiriart, président de l’Agglomération Sud Pays Basque, qui s’insurge sur la désinvolture et l’inconséquence de François Hollande : « Comment le président peut-il s'engager sur cette voie alors que la commission gouvernementale censée hiérarchiser les grands chantiers à venir ne doit rendre son rapport qu'au mois d'avril ? Si les dés sont pipés, cela ne sert à rien de nous balader ».

Pierre Camani, président socialiste du Conseil Général du Lot et Garonne, ne va pas jusqu’à donner un « carton  rouge » à François Hollande comme le fait  Charles d'Huyvetter, porte-parole de la Coordination 47 des anti-LGV : « C'est un acte d'ingérence majeur alors que son ministre des Transports a mis sur pied une commission chargée d'étudier les priorités en matière de transports ferroviaires et de ligne à grande vitesse. Nous avons d'ailleurs demandé à être auditionnés par cette commission, mais notre demande est restée sans réponse », mais « …a accepté de financer la Tours-Bordeaux, mais pas le prolongement vers Toulouse, considérant que la coupe des efforts financiers à faire pour cette ligne à grande vitesse était pleine ».

Ce qu’il confirmait à Sud-Ouest en mettant en avant son « bon sens » : « L'engagement financier du Département pour le tronçon Tours-Bordeaux permettra de mettre Agen à 3 heures de Paris en 2016-2017. Les tronçons Bordeaux- Toulouse et Bordeaux- Espagne sont nécessaires. Mais le modèle de financement posé à ce jour est inatteignable. La part des collectivités dépasse leurs possibilités. Le Lot-et-Garonne devrait rajouter 100 millions d'euros, il n'en a pas les capacités ».

Alors comme le fait avec pertinence Jean Bernard Gilles dans Sud-Ouest.fr, on peut finalement décrypter les propos de François Hollande en Gironde à la lumière d’une tactique politicienne dans laquelle il excelle : « D'abord, notons que François Hollande, qui est un homme prudent, ne s'est pas risqué à préciser de date : « C'est l'avenir, cela passera » ne veut pas dire quand et jusqu'où (Toulouse et/ou Hendaye) cela passera ». Et J.B Gilles de poursuivre : « Le président de la République a ainsi voulu aider Alain Rousset, un ami qu'il n'a nommé à aucun poste national pour l'instant, à conforter le camp de ses partisans en Aquitaine. Les collectivités, qui payent cette année et l'an prochain le plus gros de leur contribution respective à la construction de la ligne Tours-Bordeaux, commencent à trouver tout cela un peu cher. Et elles se demandent comment elles feront pour payer les ardoises à venir, surtout sur fond de budgets en stagnation ».

L’église roussélienne semble bien affronter un schisme quand on prend connaissance des déclarations du nouveau député socialiste de la 9ème circonscription de la Gironde, Gilles Savary, autrefois défenseur des LGV.

Xavier Sota, journaliste de Sud-Ouest, note que G. Savary use d’une liberté de ton rare dans ce contexte. Après avoir reconnu la position critique des finances françaises plombant le nouveau gouvernement socialiste (« Personne ne le dit mais nous avions sous-estimé la situation »), le député girondin estime que la LGV « ne devait pas supplanter les autres projets de développement ferroviaires vitaux ».

G. Savary  poursuivra son analyse décomplexée dans les colonnes de Sud-Ouest en précisant que « La ligne ne se fera pas tout de suite, il s'agit là d'une priorité de second rang » allant même jusqu’à tacler Alain Rousset dans son fétichisme pour le GPSO : « Il ne faut pas être monomaniaque LGV. Nous sommes dans cette situation étrange : en attendant Godot LGV. Or, il faut d'urgence rénover la ligne Bordeaux Langon et le réseau classique, investir sur le fret ferroviaire dans l'agglo, penser à faire sauter le bouchon d'Arcachon sur l'A 63. N'abandonnons pas cela sur l'autel de la LGV ».

La pique de G. Savary envers A. Rousset n’est pas passée inaperçue chez ce dernier. Dés ses vœux à la presse du 17 janvier il tance G. Savary et reprend sa liturgie digne des préceptes abscons d’avant Galilée : « c'est une faute. Je n'aime pas quand un ami change d'avis au moment le plus compliqué de la bataille. Nous sommes en concurrence avec d'autres régions pour récupérer des financements", a-t-il déclaré. "La LGV Bordeaux-Hendaye, c'est la plus rentable de France avec un taux de 4,5%", a ajouté le président de la Région Aquitaine ».

Notons une fois de plus qu’A. Rousset assène des assertions que nous voudrions voir explicitées et analysées par des organismes indépendants (Cour des Comptes…) avant de pouvoir y croire : comment décréter ainsi que la LGV Bordeaux-Hendaye est la plus rentable de France avec un taux de 4,5% alors que ce calcul, par ailleurs très compliqué et très controversé, ne peut être encore officiellement affiché plusieurs mois avant le dépôt de l’EUP !?

Bruno de Monvallier, directeur régional chez RFF n’évoque d’ailleurs pas imprudemment cet argument de rentabilité quand il liste quelques atouts du GPSO : « L'amélioration des dessertes du territoire, le maillage du réseau européen, la priorité de l'Europe pour le corridor Atlantique, l'engagement de nombreuses collectivités… ». Une liste à la Prévert où se mêle espoir, souhait, probabilité… sans convaincre.

Seul le planning d’achèvement des études, et le dépôt de l’Enquête d’Utilité Publique (EUP), peut être retenu comme l’indique André Bayle, chef de mission GPSO. Jean-Marie Decorse (La Dépêche du Midi) souligne d’ailleurs que rien n’est fait tant que la Commission Mobilité 21 n’a pas rendu son rapport : « Même si la feuille de route reste inchangée, même si les garanties sont quasi certaines, il faut attendre l'incontournable étape de la Commission Mobilité 21 mise en place par le gouvernement. C'est elle qui est chargée de hiérarchiser les projets inscrits au Schéma national des infrastructures de transport ».

Cette formalité incontournable joue comme une épine dans la chair de notre président de région, Alain Rousset, qui reste raide, droit dans ses bottes, comme l’était en son temps un ancien premier ministre bien connu à Bordeaux.

Hué par les opposants basques au GPSO, il s’obstine et utilise des arguments totalement fallacieux pour garder la main : « J'ai l'habitude. Mais toutes les élections ont montré que ce projet recueillait entre 80 et 90 % d'adhésions ». S’il faisait allusion aux élections régionales en Aquitaine et législatives en Gironde il faudrait qu’il reconnaisse que la question n’était pas un référendum pour ou contre la LGV[F] et que même alors les chiffres de 80-90% « d’adhésions » n’ont pas été relevés dans ces résultats électoraux !

Le grand gourou de la LGV que représente Alain Rousset reçoit d’ailleurs l’allégeance des petits élus socialistes inféodés et fébriles qui rêvent de voir la LGV venir jusque dans leur ville et le TGV s’arrêter dans leur gare. C’est ce que l’on peut lire dans Sud-Ouest du 22 janvier quand Martine Lignières-Cassou, maire de PAU, s’incline devant lui en disant : « Je compte sur votre opiniâtreté pour la LGV au sud de Bordeaux et pour permettre la desserte Béarn Bigorre ». Elle n’a certainement pas réfléchi au surcoût d’une branche supplémentaire au GPSO ni à l’incohérence d’appel à un train, le TGV, censé relier prioritairement, à grande vitesse, des grandes métropoles.  

Cet aveuglement de certains élus locaux dans un dieu Progrès et un Veau d’Or incarnés par le couple LGV/TGV nous stupéfait quand on voit Patrick Pujol, maire de Villenave-d’Ornon, revendiquer un essor économique pour sa commune quand la LGV du GPSO sillonnera celle-ci : « …le projet de la LGV et l'aménagement de Hourcade ont pour objectifs d'augmenter la fluidité des déplacements des Villenavais et d'attirer de nouveaux investisseurs sur la commune ». Peut-il réellement croire que la LGV, construite sur l’emprise SNCF existante et desservant la gare St Jean de Bordeaux, puisse apporter un réel avantage à Villenave-d’Ornon par rapport à Bordeaux ? Il faut être un peu naïf pour ne pas s’attendre aux nuisances pour Villenave-d’Ornon et aux bénéfices pour Bordeaux. Juppé, lui, l’a bien compris avec le projet Euratlantique.

Si les élus locaux, bercés par la litanie des pros-LGV, n’ont toujours pas compris le phénomène de métropolisation, illustré depuis des décennies dans le combat pour la suprématie entre Bordeaux et Toulouse, leurs électeurs et concitoyens auront certainement en en pâtir dans les prochaines années.

Une LGV anachronique et inutile

 

Si les programmes de LGV semblent satisfaire l’égo des grands élus au cœur des grandes métropoles, tout en distribuant un argent public devenu rare aux majors du BTP, ils nous paraissent de plus en plus anachroniques dans un monde en crise économique et environnementale.

Ce décalage s’illustre d’ailleurs dans une incohérence stratégique de nos élus qui disent soutenir le report modal vers le rail tout en continuant à s’impliquer dans les projets de soutien aux aéroports et au transport aérien.

Ainsi pour le SMAD d’Agen, syndicat mixte avec le CG47 et la Communauté d’Agen, l’avenir est dans l’accroissement de la logistique, l’implantation des entreprises, l’augmentation des lignes pour la plateforme d’Agen, avec une cible privilégiée vers le voyage d’affaire.

Bergerac n’est pas en reste pour accroître ses capacités dans le transport aérien vers le Nord, notamment la Grande-Bretagne, mais aussi vers le Sud.

Si l’on doit souligner le refus d’Alain Rousset d’aider au low-cost aérien  en Aquitaine, on note que Josy Poueyto, conseillère régionale Modem, n’a pas de retenue pour prôner une aide substantielle pour ce type de transport censé pourtant être combattu par le report modal vers le TGV. Le paradoxe est qu’elle défend le GPSO et ses TGV qui devraient, selon ses thuriféraires, porter un coup au transport aérien. On doit bien reconnaître ne plus bien comprendre la position des élus dans le match  avion/tgv quand on voit les joutes oratoires entre Josy Poueyto et Bernard Uthurry (vice président socialiste à la Région Aquitaine) sur les bienfaits/méfaits respectifs des deux modes de transport.

Pour les associations qui refusent la Grande Vitesse des LGV ce débat est dépassé et c’est dans le réseau ferré existant qu’il faut investir. La Coordination 47 aura été en pointe en 2012 dans ce combat.

On se doit de signaler le risque que représenterait un investissement français massif dans le réseau LGV, au détriment des voies existantes, quand on apprend que le processus européen d’ouverture à la concurrence va laisser, dés 2019, les opérateurs ferroviaires européens de la grande vitesse emprunter librement le réseau français. Cette concurrence directe de l’opérateur historique français (SNCF) viendrait participer certainement au déclin de son trafic voyageur après la lente agonie de son transport de fret.

Peut être verra-t-on prochainement quelques grands élus locaux s’interroger finalement sur la pertinence du financement public des LGV. C’est ce qui semble se dessiner au travers des propos d’un, jusqu’alors, fervent défenseur de celles-ci en Aquitaine, à savoir Philippe Madrelle. Ce dernier épouse en la matière de plus en plus l’attitude prudente de son conseiller général Gilles Savary quand il déclare : « On donne déjà 145 millions d'euros pour Tours-Bordeaux et je ne me vois pas demander deux millions supplémentaires ». Regrettons simplement que dans le même élan il renvoie vers l’Etat le financement de ces infrastructures oubliant quelque peu qu’au final le contribuable girondin, et plus largement français, serait de toute façon mis à contribution !

On aimerait que la prise de conscience socioéconomique qui pointe dans l’esprit de Gilles Savary et Philippe Madrelle diffuse chez tous les élus socialistes. Sur nos territoires nous pouvons saluer la constance et l’implication contre un GPSO inutile et dispendieux du maire de Saint Médard d’Eyrans, et président de la CCM, Christian Tamarelle, qui rappelait dans ses vœux pour 2013 : «… l'incohérence économique du projet de LGV, synonyme d'inquiétude pour les administrés ».

Cette mobilisation parait d’autant plus urgente et nécessaire quand on déplore par ailleurs des effets d’annonce d’un président François Hollande en représentation européenne auprès de Mario Monti lors du dernier sommet franco-italien. Le président français, énarque et héritier d’un projet de LGV Lyon –Turin lancé début 90 n’a certainement pas voulu sembler reculer face au puissant lobby économique et technocratique qui manœuvre pour arracher accords et financements de la part des Etats et de l’Europe. Mais il s’est retranché sur l’apport d’un financement européen hypothétique en cette période de profonde refonte budgétaire à Bruxelles. Pour sa part l’Etat français serait bien mal en point pour couvrir ne serait-ce que la moitié d’un projet franco-italien de plus de 26 milliards d’euros ! Les opposants à ce projet, tant du coté italien que français, insistent sur l’aberration d’une LGV, avec des kilomètres de tunnel, qui ne résoudrait pas le problème du fret routier dans les Alpes et serait un gouffre financier digne du tunnel sous la Manche. Christophe Lucet de Sud-Ouest.fr s’interroge alors : « L'accord signé hier entre Paris et Rome va-t-il redonner du muscle au projet ? Oui, si l'Europe honore sa promesse de financer 40 % du projet. Mais l'échec provisoire de l'accord sur le budget 2014-2020 de l'Union fait planer un doute. Monti et Hollande ont reconnu hier qu'il faudrait le lever par un gros travail de persuasion. Déjà, l'éventuelle mise en service a été repoussée à 2028 au lieu de 2023 ».

Tout aussi aberrant est le GPSO et l’on peut s’en convaincre aisément en lisant les analyses aiguës qu’en fait un amateur éclairé comme Pierre Recarte[G] dans le Journal du Pays Basque : « Mais ce qui compte avant tout, pour ce président “pressé” [NDLD : Alain Rousset], ce sont “les gains de temps spectaculaires”. Parlons-en ! Quatre minutes entre Bordeaux et Bayonne par rapport à la ligne rénovée, de l’aveu même de RFF [Réseau ferré de France] dans un document intitulé “Études de marché et trafic voyageurs/Situation de projet 2020 ».

Cette vision d’un GPSO non utile à la majorité des Aquitains est partagée par de nombreux citoyens, associatifs et élus comme le montre encore la rencontre organisée ce 28 janvier dernier par les élus EELV de la Région et de la CUB où étaient présentées les études indépendantes menées par ALTernative LGV47 et les membres du CADE en Pays Basque. Sud-Ouest en rend compte dans ses colonnes se faisant l’écho d’un front du refus qui enfle : « Il va bien falloir qu'Alain Rousset intègre que le front du refus financier prend de l'ampleur chez les élus socialistes et même chez le président de la SNCF », ont prévenu hier Monique de Marco et Gérard Boulanger, deux opposants, sur ce sujet, au président du Conseil régional ».

On peut sentir le vent nouveau qui semble souffler chez les élus socialistes, après l’ouverture soulignée plus haut par les propos de Gilles Savary, quand son collègue du Conseil Général de la Gironde, Jean-Luc Gleyze[H], déclare lors de ses vœux 2013 à propos de la LGV : « Visiblement, les voix sont de plus en plus nombreuses pour s'interroger sur la pertinence d'un tel projet ».

Les mirages de la LGV

 

Les élus locaux, après les associations sur la brèche depuis 2005, en viennent peut être de plus en plus à prendre conscience des « mirages » de la LGV.

Nous ne nous attarderons pas trop sur le mirage des « trésors  de la LGV » que certains veulent voir dans les fouilles archéologiques entreprises sur le tracé de la LGV Tours-Bordeaux. Toutefois on reconnaît bien là la poudre aux yeux inventée par Liséa, et relayée parfois à l’envie par des journalistes quelque peu naïfs voire parfois un peu niais, pour détourner nos regards du massacre écologique et culturel d’une LGV dans des territoires centenaires. En autorisant quelques paléontologues amateurs à fouiller très partiellement les remblais de la LGV Liséa tentent de redorer un blason bien terni par les milliers d’hectares sacrifiés sur l’autel de la Modernité !

Du coté des élus on notera le clin d’œil humoristique d’EELV qui décernait à différentes personnalités des « Pharaons » pour leur action dans le lancement de grands projets inutiles et imposés (GPII). Les grands « gagnants » sont Philippe Jacquemain, président de la CCI des Landes, Alain Rousset, président de la région Aquitaine déjà couronné l’année dernière, Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls pour leur intransigeance face à la contestation grandissante contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Souhaitons que les élus EELV maintiennent partout en France une opposition franche, massive, et illustrée par leurs votes dans leurs représentations nationales et régionales, face aux GPII. On peut en voir un exemple dans la dénonciation par les élus EELV de Midi-Pyrénées d’un ajustage du plan Rail à la Région qui conduirait en fait à un transfert de fonds publics prévus pour le transport de proximité (TER principalement) vers le financement des LGV : « La Région augmente d'ailleurs son investissement de 6 millions d'euros pour la LGV, et le diminue de près de 14 millions d'euros pour les lignes régionales. Pour Guillaume Cros, le président du groupe EELV à la Région, il s'agit d'un passage en force des pro-LGV, en contradiction avec l'audit sur l'état du réseau français remis au ministre des Transports François Cuvillier le 15 octobre dernier, qui pointait la nécessité de maintenir les efforts pour le renouvellement des lignes régionales ». C’est un risque souvent dénoncé par les associations depuis des années et dénié pourtant par les grands élus aquitains pro-LGV.

Autre initiative déplorable menée par les élus locaux, avec la bénédiction des grands élus et la complicité de RFF, sous l’œil bienveillant des Chambres d’Agriculture, des représentants de l’Etat, des acteurs du monde de l’immobilier…, est celle des acquisitions anticipées menées pour favoriser le mitage[I] des terrains placés dans le tracé du GPSO. C’est ce que prône le maire de Laglorieuse dans les Landes avec la bienveillance d’un de ses conseillers municipaux, Alain Vidalies, élu socialiste et par ailleurs ministre délégué en charge des relations avec le gouvernement ! Le maire parle de négociations avec des propriétaires privés (sous quelles conditions, avec ou sans recours si le GPSO était abandonné… ?) et admet ce qui constitue à mon sens une aberration socioéconomique[J] dans ces temps de crise pour le logement du plus grand nombre de nos concitoyens, à savoir l’augmentation du foncier dans des territoires encore épargnés comme la petite commune de Lucbardez : « Il espère aussi beaucoup de l'arrivée de la LGV et de la gare de Lucbardez. « Elle va permettre de développer l'agglomération et, quand elle sera là, le prix du foncier va augmenter. C'est pourquoi il faut acheter du foncier dès aujourd'hui pour en préserver le prix ». Est-ce que le « progrès » pour les familles françaises est de voir le prix du foncier s’envoler sur les axes des TGV ?

Il y a plus d’un an déjà la Confédération Paysanne (CP) et les associations luttant contre le projet GPSO reprochaient à la SAFER d’aller dans le sens de RFF qui souhaitait anticiper l’acquisition de terres agricoles pour les besoins futur de la LGV. Un représentant de la CP résumait : « Le rôle de la SAFER n'est pas de soutirer des terres agricoles ». Plusieurs mois après ce sont les Chambres d’Agriculture qui « collaborent » avec RFF pour aider au prélèvement de terres agricoles qui pourtant font défaut pour notre agriculture de proximité ce que dénoncent des élus EELV ou des responsables associatifs comme Patrick Vaccari de la Coordination anti-LGV 47 : « Alors que la SAFER (Société aménagement foncier et d'établissement rural) Garonne-Périgord n'a pas signé la convention, la chambre d'agriculture de Lot-et-Garonne agit pour le compte de Réseau ferré de France ».

Hélas ce processus catastrophique à terme pour l’agriculteur et le citoyen semble bien enclenché puisque fin janvier 2013 une convention entre RFF et la Safer Aquitaine Atlantique vient d’être signée qui va autoriser « l’acquisition anticipée de biens bâtis situés dans les emprises du projet et la mise en réserve de surfaces agricoles et forestières ». RFF tente de noyer le poisson quand certains élus et associatifs dénoncent cette pratique à la limite de la légalité : « Nous ne pouvons pas lancer de procédure d’expropriation sans la déclaration d’utilité publique (prévue pour 2014). De toute façon, nous arrivons à un accord à l’amiable dans 98 % des cas », assure André Bayle ». Qui peut dire où se trouve la frontière[K] entre vérité et mensonge ?

Les élus locaux, et notamment ceux des communes placées devant les conséquences pas toujours imaginées des travaux d’une LGV comme celle de Tours-Bordeaux, semblent toutefois prendre de plus en plus conscience des multiples contraintes qui en découlent. C’est alors qu’ils doivent gérer le manque de terres disponibles supplémentaires aux prévisions de la DUP (boisement, terrains d’épandage des déblais, reprise des circulations routières…). Au-delà des compensations financières attendues par les communes de la part de l’exploitant de la LGV (qui ne sont pas prévues à ce jour et qui, si elles étaient accordées, seraient bien évidemment répercutées par le groupe Vinci sur les redevances qu’il touchera durant 60 ans…et au final sur le prix du billet SNCF) on constate aussi que les « mirifiques retombées économiques » promises par les partisans de la LGV ne sont pas au rendez-vous : « Quant aux retombées économiques, chacun a constaté qu'elles sont limitées et se cantonnent à quelques lieux bien précis, tant pour la restauration que pour l'hébergement des ouvriers dont les caravanes prolifèrent de façon anarchique sans aucun contrôle (notamment de l'assainissement autonome) ».

Les exemples de la LGV Tours-Bordeaux apportent un vent mauvais des GPII qui semble déjà décoiffer certains élus locaux des communes placées sur le tracé du GPSO, encore à l’état de projet avant les conclusions attendues de la Commission Mobilité 21 sur les choix des infrastructures proposées dans le SNIT. Ainsi le rapporte Sud-Ouest dans les propos de Daniel Constant, maire de Castres-Gironde, qui « Dénonçant le manque de solidarité de la population face à l'arrivée de la LGV » (on peut être circonspect sur cette assertion) poursuit en précisant « que le tracé avait « ripé » aux limites communales avec Saint-Selve et qu'un projet de base de travaux semblait acté au niveau de l'échangeur autoroutier de Saint-Selve avant de rappeler les craintes liées à la proximité des sources de Bellefond ». On se rappellera que le ripage de la LGV de Saint Selve vers Castres-Gironde trouve peut être des explications politiques illustrées en son temps par les propos de Pierre-Jean Théron[L], maire de Saint Selve. Pour le reste on peut regretter que nos élus locaux (certains maires, conseillers généraux, députés) n’aient pas tous fait front suffisamment tôt, dés le débat public sur la LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne, afin de contrer les visées pseudo politiques, sous couvert d’utilité publique non prouvée, qu’affectent les grands élus d’Aquitaine et Midi-Pyrénées.

Les péripéties politico-économiques vécues autour du tracé LGV sur Saint Selve (on pourra reprendre les termes d’un article de notre blog qui explicitent l’affaire qui a été jugée sans suite par le procureur de la République) rappellent celles dénoncées dans les Landes sur le territoire d'Uchacq-et-Parentis. Ces dernières avaient fait l’objet d’une plainte de citoyens contre François-Gilles Egretier, conseiller auprès de la ministre Christine Lagarde, soupçonné d’être intervenu dans les sphères du pouvoir pour que le tracé GPSO épargne une demeure familiale. L’affaire juridique n’est pas close après le classement d’une première plainte d’autant que les déclarations du maire de la commune semblent alléguer la thèse d’une intervention ministérielle en faveur de François-Gilles Egretier : « Suite à l'intervention d'un habitant de la commune qui s'est rappelé aux bons soins de M. François Fillon, son cabinet répond faire suivre à M. Bussereau en lui demandant de procéder à un examen attentif de ce dossier ». On suivre avec attention la suite donnée à la procédure en cours.

Autre nuisance que nous dénonçons au sujet des travaux des LGV : la ronde infernale des engins de travaux publics, camions et matériels de terrassement qui des jours durant rendent la vie impossible aux riverains. La trêve des confiseurs s’est appliquée aux équipes de Coséa en charge de la LGV Tours-Bordeaux ce qui a fait quelques vacances aux habitants de Laruscade en particulier. Hélas début janvier tout recommence et les habitants des villes et villages de l’axe Tours-Bordeaux subissent mains désagréments dans leur vie quotidienne (comme par exemple la rénovation du pont Eiffel à Cubzac- les- Ponts, le viaduc de la Dordogne, les ouvrages d’art sur la commune de Champagne-Vigny…).

Mais ils ne sont pas les seuls à s’inquiéter. Des habitants plus éloignés du tracé LGV tentent de s’opposer au projet d’une nouvelle gravière (36 hectares) sur la commune de Saint Antoine –sur-l’Isle, gravière qui devrait alimenter entre autres les besoins d’une LGV nécessitant des millions de m3 de graviers. David Redon, président d’une association environnementale de la vallée de l’Isle, se dit inquiet de ce projet dans les colonnes de Sud-Ouest: « Il estime en effet que les répercussions seront importantes, tant sur les sources, les ruisseaux, que sur l'ensemble de l'écologie. L'exploitation risquerait selon lui de porter atteinte à la nappe phréatique, aux paysages, aux biens immobiliers, mais également d'entraîner des nuisances sonores avec une extraction prévue de 7 h 30 à 12 heures et de 13 heures à 18 heures. Le criblage et le lavage auraient lieu de 7 heures à 12 heures et de 13 heures à 20 heures, avec une rotation de 45 camions par jour, donc 90 camions de 22 tonnes sur la départementale 10 jusqu'à l'entrée de Coutras ». Ne devons nous pas craindre une intensification de telles nuisances si le projet GPSO au sud de Bordeaux (plus de 400km de LGV) venait à terme ? On remarquera la sollicitude dont font preuve les préfets face aux demandes répétées d’ouverture de carrières comme le montre l’autorisation accordée prés de Loudun pour une nouvelle carrière destinée à alimenter la LGV Tours-Bordeaux : «Cette carrière de 4 hectares, exploitée par Vinci construction terrassement doit permettre la réalisation de remblais pour la future ligne ferroviaire à grande vitesse Sud Europe Atlantique ». Le préfet se retranche derrière du commissaire enquêteur et l’acceptation de la Codéna et de la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho malgré une levée de boucliers, et non des moindres, contre ce projet : « Les principaux élus de la région (la présidente du conseil régional PS Ségolène Royal, le sénateur et ancien premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin, le président du conseil général UMP Claude Bertaud, la députée verte Véronique Massonneau) avaient manifesté leur opposition à ce projet et leur soutien aux différentes associations d'habitants de ce secteur du Loudunais et d défenseurs de l'environnement ».

A Marsas, au nord de Bordeaux, c’est la maire Brigitte Misiak qui dit ne pas avoir choisi la LGV et pourtant en subir tous les inconvénients : « Nous n'avons pas choisi d'avoir la LGV et pourtant nous en subissons tous les désagréments; tout d'abord, les engins et le bruit qu'ils font, la poussière, les trous sur les routes, les défrichements qui changent le paysage, et la circulation automobile qui va très bientôt être modifiée puisque la fermeture de l'échangeur côté bourg va obliger les automobilistes à se rendre jusqu'à Cavignac pour rejoindre la RN 10. Il faut sans cesse faire la guerre aux d'engins qui ne sont pas autorisés à traverser le bourg et donc, je dois très souvent faire l'intermédiaire entre les administrés mécontents et la société Vinci pas toujours coopérative ». Les élus d’Aquitaine et Midi-Pyrénées qui pourraient subir eux aussi les LGV du GPSO devraient en prendre bonne note pour réclamer une vraie étude alternative au GPSO.

Echos divers

 

Comme lanceurs d’alerte les associatifs sont souvent vus comme des « empêcheurs de tourner en rond », des opposants au Progrès, des rétrogrades…

Toutefois ils pointent souvent des risques potentiels pour la santé, l’environnement, et le bien de leurs concitoyens. Preuve en est dans l’affaire qui a opposé le Collectif Stockage Gaz Landes[M] à EDF sur le projet de site de stockage de gaz (600 millions de m3 !)sous les communes de Pouillon et Mimbaste. Il vient finalement d’être abandonné. Henri Emmanuelli, pourtant bien timoré et peu hostile, dit avoir intercédé auprès du PDG d’EDF pour qu’il abandonne le projet : pourrait-il entendre aussi tous ceux qui défendent l’environnement et les finances publiques contre le GPSO ? On retiendra toutefois dans cette affaire que le Collectif Stockage Gaz Landes a su fédérer des citoyens qui ont fait entendre leur droit à conduire leur destin. C’est ce que rappelle Jean-Pierre Pénicaut, président de France-Libertés40, quand il énonce : « Redisons-le, le projet Salins des landes n’a été retiré que parce qu’un regroupement spontané, d’usagers de tous bords, s’est donné la peine d’en expertiser méthodiquement le contenu et a progressivement convaincu de sa nocivité potentielle, ceux qui avaient à en juger ». Un exemple à suivre

La désinformation et la manipulation que l’on découvre dans nombres de sujets lancés par les grands groupes industriels ou du BTP s’illustrent bien au travers des analyses pertinentes menées par un membre du CADE, Pierre Recarte. Il démonte les mécanismes de la propagande conduite par RFF pour promouvoir les LGV du GPSO. Il cite Paul Valéry quand il s’exprime dans un article du Journal du Pays Basque que je vous invite à lire : « Loin de nous l’idée de crier au complot, mais force est de constater que les procédés utilisés conduisent à une désinformation de l’opinion et accréditent l’idée que “la politique est un mécanisme qui sert à empêcher les gens de prendre part à ce qui les concerne directement” (Paul Valéry). ».

Pour LGVEA

Jean-Robert Thomas                                              8 mars 2013

 



[A] Le bluff technologique, Jacques Ellul, Hachette littératures, 2005, p469

[B] Ce chiffre de 12 milliards n’est que l’estimation officielle du GPSO à fin 2012. Nombreux sont ceux qui prédisent que ce coût approchera les 20 milliards quand sera déposé le dossier d’enquête publique en 2014.

[C] On peut pointer là la trace d’un dossier pas maîtrisé par le Président (qui le conseille ?) car en Aquitaine, c'est-à-dire en Gironde, ce n’est que quelques dizaines de km de LGV qui sont en construction pour la LGV Tours-Bordeaux.

[D] On pourra se référer aux déclarations de J. Cahuzac

[E] Lire par exemple ce qu’écrit le site Bleu Orange Production

[F] Les référendums indépendants menés à de nombreuses reprises en Aquitaine sur l’acceptation ou non de la LGV par les Aquitains ont, eux, montré que le non obtenait là 80 ou 90% des voix (cf. http://www.ni-ici-ni-ailleurs-ustaritz.com/article-lgv-reprise-de-la-fronde-52461126.html )

[G] Pierre Recarte, membre du collectif basque CADE, est l’auteur de l’ouvrage très documenté sur les LGV Les Rails de la Déraison dont je recommande la lecture.

[H]  Rappelons que Jean-Luc Gleyze s’était refusé en 2010 à voter au CG33 pour le financement de la LGV Tours-Bordeaux. Depuis il avait toutefois décidé « d’accompagner » le GPSO et de préparer au mieux son implantation en Aquitaine entendant ainsi défendre ses concitoyens : « …d'identifier les problématiques communes à l'ensemble des territoires traversés, et les compensations à y apporter : protections humaines, protections environnementales, indemnisation des propriétés et des habitants en lisière de secteurs d'expropriation légale, établissement des voies et des réseaux, etc ». (Extrait de la Charte du Collectif GPSO Sud-Gironde)

[I] Le mitage des territoires résulte des achats anticipés et des négociations « forcées » que subissent les propriétaires face aux promoteurs des LGV. C’est ce que l’on a pu constater encore récemment sur la LGV Tours-Bordeaux où aujourd’hui encore, alors que les travaux sont lancés, des actes notariés ne sont toujours pas passés pour l’achat d’immobiliers « négociés ». On imagine bien la pression psychologique qui s’en suit pour les autres propriétaires contactés après la DUP (c’est normalement et légalement après celle-ci que devraient être pratiqués les acquisitions) au regard de ceux qui ont déjà « signé » !

[J] On retrouve là un des facteurs d’inflation des prix de l’immobilier par le fait d’une surévaluation des terres précédemment agricoles ou non constructibles concomitante aux infrastructures de transport (autoroutes, LGV, aéroport…) sans que cela serve vraiment les riverains de telles infrastructures. Que penser par exemple des inflations constatées sur des terrains proches de celles-ci alors que les nuisances associées compensent bien souvent le peu d’avantages pour les citoyens qui ne profitent pas de ces infrastructures (tout le monde ne prend pas l’autoroute ou le TGV… surtout avec les tarifs qui explosent !) et ne peuvent plus acquérir des terres pour la construction ou l’agriculture car devenues trop chères. Que dire de la schizophrénie qui étreint alors nos responsables politiques qui veulent promouvoir le logement social et l’accession à la propriété pour des millions de citoyens alors qu’ils cautionnent par ailleurs une inflation du coût des terres encore accessibles ?

[K] Les pouvoirs publics et les élus semblent bien silencieux sur ces affaires. Qu’elle est la loi ? A-t-on le droit d’acquérir (avec des deniers publics !) des immeubles et des terres par anticipation alors que le dossier EUP-DUP n’est pas encore déposé ?

[L] On pourra reprendre ce que nous écrivions alors dans la revue de presse de janvier 2012 http://lgvea.over-blog.com/article-la-revue-de-presse-janvier-2012-98005645.html

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Notre association s'est fixé dans ses objectifs d'être source d'information et de réflexion sur les problèmes environnementaux en général, et sur le projet de LGV en particulier, dans nos territoires.

A cet effet il nous semble important de mettre à votre disposition les présentations publiques que nous sommes amenés à faire lors de réunions publiques. Ainsi nous débutons cette rubrique en proposant la consultation de la présentation faite le 8 juillet à Saint Médard d'Eyrans à l'occasion de l'Assemblée Constituante de notre association.

Bon visionnage. J.R . Thomas

 

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