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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 15:20

 

L’incohérence du gouvernement sur le GPSO

 

Le gouvernement, par la voix de son premier ministre, vient d’annoncer le plan d’investissements publics sous le libellé « Investir pour la France ».

Ce plan s’appuie, pour partie, sur les propositions issues des recommandations de la Commission Mobilité 21 qui avait pour mission de hiérarchiser les multiples projets  de transports inscrits dans le SNIT par l’ancien gouvernement.

Si nous ne pouvons qu’être partisans des mesures visant à favoriser les moyens de transports ferroviaires au quotidien pour les déplacements de proximité (Intercités, TER…) il nous semble que le choix de J.M Ayrault de retenir le scénario n°2, incluant la poursuites des études et des procédures (EUP, DUP) pour la seule ligne nouvelle à grande vitesse Bordeaux-Toulouse, montre une incohérence socio-économique évidente.

En effet cette LGV a, depuis 2006, été regroupée dans un projet global : le GPSO.

Après les débats publics de 2005-2006 sur les deux branches Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne RFF, sous la poussée de l’Etat et des grands élus régionaux, à la tête desquels on trouve Alain Rousset et Martin Malvy, le GPSO devenait un grand projet « insécable ».

N’étant pas naïfs nous avions compris très rapidement que les thuriféraires du GPSO avaient trouvé là un moyen complexe mais semble-t-il imparable pour faire aboutir leur soif d’égo politique.

Quelle était synthétiquement la mécanique politico-économique mise en place pour faire accoucher le GPSO malgré la réticence et la dénonciation des associations et de certains élus locaux vis-à-vis d’un projet qui avait tous les signes d’un Grand Projet Inutile Imposé (GPII) ?

Il s’agissait d’embarquer les élus territoriaux  de Midi Pyrénées et d’Aquitaine (Conseils régionaux, Conseils Généraux, Conseils d’Agglomérations, Communautés Urbaines, Conseils Municipaux des grandes villes…) dans un protocole de convention de financement qui liait, astucieusement et machiavéliquement,  ceux-ci sur deux projets distincts mais complémentaires : Tours-Bordeaux au nord, le GPSO au sud.

Ainsi il était demandé à 57 collectivités d’abonder pour participer au financement de Tours-Bordeaux au prétexte qu’il y aurait la poursuite automatique de la LGV ensuite au sud de Bordeaux dans le GPSO.

Nombre d’élus sont tombés dans le piège tout empreints de la religion du « progrès technologique TGV » et inféodés pour la plupart aux « « chefs politiques » que sont A. Juppé à l’UMP et A. Rousset au PS.

Mais voila qu’aujourd’hui cette belle mécanique semble grippée.

Les pros-LGV sourient d’entendre J.M Ayrault annoncer que les études EUP-DUP du GPSO devraient se poursuivre : «Les études des projets d’infrastructures nouvelles retenues par la Commission Mobilité 21 seront poursuivies. L’objectif est que ces projets soient prêts à être lancés, dès que leur financement aura été stabilisé »  et que la LGV Bordeaux-Toulouse devrait ainsi voir le jour à l’horizon 2017-2020  si l’on en croit les dispositions de la priorité affichée dans le scénario n° 2 de Commission Mobilité 21.

Or que voit-on poindre ici et là face à ces annonces gouvernementales ?

Le report au « calanques grecques » de la LGV Bordeaux-Espagne vient mettre à mal le château de cartes financier élaboré à grands soins par A. Rousset et ses conseils.

Si Bordeaux-Espagne ne se fait pas les grands élus et les collectivités territoriales des Landes et des Pyrénées-Atlantiques n’accepteront pas de financer Tours-Bordeaux et Bordeaux-Toulouse. C’est ce que l’on peut découvrir dés à présent au travers des déclarations de ceux-ci quand ils évoquent la nécessité pour le gouvernement « de reconsidérer ce report et d’étudier les solutions d’ingénierie financière permettant une réalisation complète de GPSO avant 2030 ».

Car le trouble est bien là !

Le gouvernement envisage la Bordeaux-Toulouse sans Bordeaux-Espagne mettant à mal le montage financier initial envisagé par les collectivités territoriales. Ces dernières, amputées de celles des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, verraient leur part de financement augmenter, et ce d’autant plus que le coût de la LGV Bordeaux-Toulouse est maintenant officiellement annoncé en forte hausse (7,1 milliards selon la Commission 21 conditions 2012 pour environ 3 milliards selon dossier maître d’œuvre valeur 2004).

Le quotidien Les Echos.fr bien informé ne se trompe pas en prévoyant que « la facture sera plus lourde pour les collectivités ».

Le premier ministre n’ayant pas détaillé le moindre plan de financement pour Bordeaux-Toulouse il a toutefois précisé dans son plan Investir pour la France que « Le Gouvernement propose de l’ordre de 30 Md€ d’investissements, tous financeurs confondus, dans les grands projets prioritaires : (scénario n°2 de la commission Mobilité 21) ».

Les collectivités territoriales vont donc être sollicitées au-delà de ce qu’elles avaient imaginé.

Ce qui fait dire à Laurent  Marcaillou (Les Echos) : « En 2011, les collectivités se sont engagées à apporter 1,2 milliard d’euros au GPSO dont 900 millions pour Bordeaux-Toulouse. Mais le coût de la ligne a depuis été réévalué de 5 à 7,1 milliards d’euros ! Le conseil régional de Midi-Pyrénées a fait ses estimations : l’Etat apporterait 2,6 milliards et les collectivités 2,3 milliards, RFF et un éventuel partenaire privé 2,2 milliards. Dans cette hypothèse, les collectivités de Midi-Pyrénées financeraient 1,8 milliard - le double de la somme initiale - dont 700 millions pour le conseil régional au lieu de 420 millions ».

Et de poursuivre : « Qui paiera ? Les plus gros contributeurs - région Midi-Pyrénées, département de la Haute-Garonne, communauté urbaine de Toulouse - suivront. En revanche, les conseils généraux du Lot, du Tarn, de l’Aveyron et des Hautes-Pyrénées, qui ont déjà refusé de participer à Tours-Bordeaux en arguant qu’ils sont loin de la ligne, pourraient faire de même pour Bordeaux-Toulouse. En Aquitaine, le Lot-et-Garonne, pourtant traversé par la ligne, ne veut pas la financer. Les négociations ne font que commencer ».

On voit bien que le ver est dans le fruit et que trouver au bas mot (il faudra attendre aussi la facture finale de Tours-Bordeaux qui de 7,8 milliards pourrait grimper à 10 milliards dixit Guillaume Pépy, PDG de SNCF) 7,1 milliards pour la seule Bordeaux-Toulouse ne va pas être une sinécure en ces temps de disette budgétaire.

 

En conclusion, et comme certains analystes politiques l’évoquent à demi-mots, l’annonce du premier ministre, sans engagement formel sur les ressources étatiques couvrant les milliards d’euros nécessaires, pourrait être une manœuvre politique censée apaiser les grands élus socialistes dans cette période pré-électorale.

Les élus de droite, dont certains comme Jean-Luc Moudenc à Toulouse, pourtant pro-LGV, étaient méfiants et doutaient sur le fond des conclusions de la Commission Mobilité 21 reprises depuis par J.M Ayrault : «  Le premier scénario ne nous inscrit pas au rang des premières priorités. Le deuxième oui, mais par une formule assez aléatoire disant que les travaux seraient lancés à l’horizon 2030. J’ajoute que ce scénario 2 repose sur la mobilisation de ressources considérables et les 5 ou 6 pistes données par le rapport consiste en la création de nouvelles taxes et une amélioration de la conjoncture… En clair: ce rapport Duron ne donne aucune garantie ».

François Chollet lui aussi dans les colonnes de la Voix du Midi renchérit : «  Il ne peut y avoir de LGV crédible sans un engagement majeur de l’Etat et il n’est pas certain qu’il le fasse ».

 

Pour nous associatifs, et en s’appuyant notamment sur l’étude indépendante engagée sur l’axe Bordeaux-Toulouse par une association d’élus (ALTernative LGV), nous renouvelons notre souhait de voir cette voie existante modernisée et sécurisée pour recevoir des TGV jusqu’à des vitesses de 200-220 km/h.

La construction d’une LGV Bordeaux-Toulouse ne répond en rien aux besoins des populations et sa construction, avec ou sans Bordeaux-Espagne, ne pourrait qu’accroitre la charge financière des collectivités territoriales et fragiliser leur capacité à répondre, sans hausse intolérable des impôts, aux charges indispensables pour la santé, l’aide à l’emploi, l’enseignement, les services publics…

 

Notre motivation est intacte.

L’option consistant à garder la LGV Bordeaux-Toulouse, tout en repoussant la LGV Bordeaux-Espagne, démontre une incohérence socio-économique et sous-entend une manœuvre politicienne: c’est l’ensemble du GPSO qu’il convient d’annuler purement et simplement.

Nous serons rassemblés dans les associations et au sein des coordinations pour rejeter le GPSO dans son ensemble.

 

Pour LGVEA

Son président Jean-Robert THOMAS                              11 juillet 2013  

  

 

   

 

 

 

  

 

 

 

 

  

 

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Michel 25/07/2013 14:32

Ube nouvelle fois le rail est malheureusement impacté par une catastrophe en Espagne.
Après la France sur le réseau traditionnel, l'Espagne sur une ligne LGV.
Sans occulter les différentes enquêtes en cours qui ne manqueront pas de nous apporter ( si les plus hautes instances ne cherchent pas à cacher quelques défaults...)
nous sommes confortés sans nos idées et voeux les plus chers d'arrêter le TOUT LGV et l'AMELIORATION ET LA SECURISATION DES VOIES EXISTANTES.
Erreurs humaines ou défaillances techniques sur de tels accidents doivent amener nos décideurs à prendre le plus rapidement possible les décisions de sagesse qui s'imposent.
Je pense que nos amis espagnols vont tirer les enseignements face à la détresse qui les touche.
Ma pensée va vers les familles des victimes et ceux qui sont touchés gravement et supporteront les séquelles à vie de cet accident.
Pour conclure, je serais tenté de dire PLUS JAMAIS CA AVEC VOS PROJETS INUTILES ET DESTRUCTEURS.

Michel 19/07/2013 22:16

Bonsoir à toutes et à tous.

Pour ceux qui n'ont pas pu lire les dernières infos, Alain ROUSSET est allé pleurer dan le gilet du Président HOLLANDE pour que son rêve débile soit exaucé.
Cet élu est-il encore en état mental de représenter ses concitoyens? Il est permis de se poser la question.
Est-il conscient des difficultés que traverse notre pays et ses habitants ou bien l'utopie et la mégalomanie sont-elles ses qualités premières?
Tout à chacun ayant un minimum de bon sens et de lucidité doit se poser la question.
La catastrophe ferroviaire récente vient, si besoin était, de rappeler que l'entretien des voies existantes, leur mise en sécurité, le contrôle permanent, sont bien plus important que des LGV
déficitaires et inutiles.
Faut'il un accident de grande ampleur sur une LGV avec des centaines de victimes ( car ces voies là ne sont pas plus soumises à entretien que les autres)pour que les inconscients comprennent une
bonne fois pour toutes qu'ils ont choisi le mauvais projet et le mauvais train...et qui plus est les plus mauvais placements financiers des contribuables.
Nous verrons si la raison l'emporte car ne dit-on pas que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis...

lgvea.over-blog.com 29/07/2013 18:30



Il semble avéré que A.Rousset soit un mégalomane doublé d'un monomaniaque des LGV. Je fais confiance dans le professionalisme de la SNCF en matière de sécurité comme le prouve le trés faible taux
d'accident ferroviaire mais un malheur peut toujours arriver (cf. Brétigny). On peut espèrer que l'Etat, les pouvoirs publics et SNCF/RFF sauront prendre enfin les mesures de rénovation et
d'entretien qui s'imposent sur le réseau existant.



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LGVEA en réunions publiques

Notre association s'est fixé dans ses objectifs d'être source d'information et de réflexion sur les problèmes environnementaux en général, et sur le projet de LGV en particulier, dans nos territoires.

A cet effet il nous semble important de mettre à votre disposition les présentations publiques que nous sommes amenés à faire lors de réunions publiques. Ainsi nous débutons cette rubrique en proposant la consultation de la présentation faite le 8 juillet à Saint Médard d'Eyrans à l'occasion de l'Assemblée Constituante de notre association.

Bon visionnage. J.R . Thomas

 

Cliquer ici:

 http://sd-2.archive-host.com/membres/up/8889538985686605/reunionspubliques/Module_presentation_AG_constituante_V2.ppt

 

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Vous pouvez prendre connaissance de nos statuts en cliquant sur le lien suivant

http://sd-2.archive-host.com/membres/up/8889538985686605/Docs_LGVEA/STATUTS_de_LGVEA-_projet_assemblee_constituante.doc.

 

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