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17 juillet 2022 7 17 /07 /juillet /2022 07:30

Le 7 juillet 2022 Le Républicain titrait « LGV- le projet est loin d’avoir déraillé ».

Face à face l’image qui l’accompagnait montrait Jean-Luc Gleyze et Alain Rousset

Source : Le Républicain Sud-Gironde 7/07/2022

Source : Le Républicain Sud-Gironde 7/07/2022

On pouvait donc s’attendre à une vision différentiée entre les deux présidents (CD33 et Région) après qu’ils eurent pris connaissance des déclarations de Karima Delli, présidente de la Commission du Transport et du Tourisme au Parlement Européen.

Cette dernière venait dans un Tweet (voir https://twitter.com/KarimaDelli/status/1542448821518622720?s=20&t=vXhO7A4Fa5PeGXovy4AQyg ) d’annoncer que la Commission Transports n’avait pas retenu les projets de LGV et autres du GPSO.

Elle commentait cette décision en écrivant : « Il nous a semblé que des alternatives, fondées sur les lignes existantes, permettaient de diminuer fortement l’empreinte environnementale du projet et seraient plus utiles à la mobilité quotidienne des habitants ».

Les dossiers de financement retenus par la Commission de l’UE sont consultables par le lien suivant https://ahp.li/426d5e9f1e71459e47fa.pdf .

Aussitôt les différents camps qui soutiennent ou refusent le GPSO ont commenté cette annonce.

C’est ainsi que Jean-Luc Gleyze, dans l’article de Gaël Arcuset qu’il signe dans Le Républicain du 7 juillet, parle de « …sortie des rails inédite que vient de provoquer la Commission Européenne pour ces projets » Il complétait son propos en rappelant que la Commission Européenne « …évoque surtout la pertinence ainsi reconnue de travailler plutôt sur l’aménagement des lignes existantes, moins impactantes sur le plan environnemental et plus utiles aux déplacements quotidiens des habitants ».

Pierre Hurmic de son côté ne pouvait que se réjouir de la décision transmise par Karima Delli en soulignant que l’alternative d’un aménagement des voies existantes serait « …deux fois moins coûteuse, plus responsable, plus réaliste, plus respectueuse de nos territoires ».

 Si la préfecture de la Région Occitanie veut tempérer les propos de JL. Gleyze et P. Hurmic c’est parce qu’elle est coordinatrice désignée pour le GPSO et qu’elle considère que « …le dossier de financement déposé devant la Commission Transport de l’UE l’avait été pour les études environnementales et une partie des travaux préparatoires des Aménagements ferroviaires au Sud de Bordeaux (AFSB) uniquement (soit une demande de financement de 17,3 millions d’euros). Et non sur la totalité du projet ».

Même si ce commentaire s’appuie sur la demande officielle transmise par la France à l’Europe[1] il ne saurait effacer le commentaire de Karima Delli sur la pertinence et la priorité qui doivent être données à la rénovation des voies existantes.

Vient alors l'intervention d'Alain Rousset.

Contestant les déclarations de JL. Gleyze et P. Hurmic il regrette les déclarations de la Commission Transport de l'UE.

Il réitère ses arguments contestables pour le GPSO rappelant notamment que « ...le projet de LGV ne   s'oppose d'aucune façon aux travaux de régénération des lignes « classiques » et encore moins au RER métropolitain, pour lequel une seconde ligne est indispensable ».

Or tout le monde s'accorde pour dire que les milliards engloutis dans le GPSO vont cruellement manquer pour financer la rénovation des voies classiques.

Jean-Pierre Farrandou, PDG de la SNCF, lui même déclarait récemment dans Les Echos[2] : « Devant quelques journalistes, le patron de la SNCF a estimé mercredi que ce projet, indispensable selon lui pour atteindre la neutralité carbone en 2050, nécessite un investissement supplémentaire de 100 milliards d'euros sur quinze ans.

Malgré les efforts budgétaires récents consentis par l'Etat (avec en particulier 35 milliards de reprise de dette de SNCF Réseau, le gestionnaire des infrastructures, dans le cadre de la réforme de 2018), les moyens alloués aux infrastructures restent nettement inférieurs à ceux de nos voisins, et insuffisants par rapport aux besoins, rappelle le dirigeant ».

Alain Rousset veut minimiser, ou occulter, la décision de la Commission Transports de l'UE quand il déclare : « Aujourd'hui, seul le projet AFSB pour le financement des études environnementales et des travaux préparatoires n'a pas été retenu pour cette année, malgré la note élevée (19,5/25) ».

Optimisme béat ou manipulation médiatique, le président Rousset en est le spécialiste : nous verrons bien si l'UE veut bien débourser 2,8 milliards d'euros pour le GPSO dans le contexte européen actuel.

Et que devront financer Etat Français et collectivités territoriales dans un GPSO qui est estimé en 2022 à 14,3 milliards d’euros mais que l’inflation galopante risque rapidement d’en alourdir la facture.

Cela risque d’être hypothétique si l’on se réfère aux propos tenus par Yves Crozet[3] dans un article paru dans le Bulletin de la SABIX.[4]

Cet expert du monde ferroviaire n’écrit-il pas :

« A l’heure où le gouvernement français évoque une relance de certains projets de LGV, il est utile de rappeler que les montages financiers de telles opérations ne sont pas simples. Ainsi, pour Bordeaux-Toulouse, l’État se dit prêt à mettre 4,2 milliards d’€ sur la table, mais cela ne représente qu’un peu plus de la moitié du coût total. Les collectivités territoriales seront-elles prêtes à s’engager pour un montant qui pourrait atteindre deux fois celui qu’a nécessité SEA ? Tout cela alors même que l’État a dû reprendre 35 milliards d’€ de dettes de SNCF réseau (25 en 2021 + 10 en 2022) et que la pandémie a obligé ce même État à recapitaliser la SNCF à hauteur de 4,3 milliards d’€ en 2020. Sachant qu’il est fort probable qu’un nouveau coup de pouce sera nécessaire en 2021 ! Jusqu’où se poursuivront les surenchères ferroviaires ? »

Par ailleurs nous insistons une nouvelle fois sur la non pertinence du RER métropolitain sur l'axe Saint Mariens/Langon : le trafic passagers entre ces deux villes pour des navetteurs semble incongru et l'on s'accorde pour penser que les usagers du TER voudront majoritairement descendre à Bordeaux Saint Jean pour rejoindre leurs emplois dans la Métropole Bordelaise.

Pour nous la mise en place du Conseil de Surveillance du GPSO le 4 juillet dernier s'apparente à un « pronunciamiento » administratif de la part d'Alain Rousset et Carole Delga alors que le plan de financement déposé devant le Préfet d'Occitanie, actuellement contesté par des recours devant le Tribunal Administratif de Toulouse, semble contestable, et insincère.

Reste donc au Tribunal Administratif de Toulouse à statuer très vite sur la légalité de ce plan de financement.

 

[1]
                    [1] Il n’est pas facile pour nous d’avoir connaissance des dossiers de financement transmis à la Commission  de l’EU (pas de résultats à nos recherches à ce sujet sur le site du Gouvernement Français et de la Commission Européenne des Transports).

[2]
      Voir édition Les Echos du 13 juillet 2022.

[3] Yves Crozet est économiste, membre du Laboratoire Aménagement Economie Transports (LAET-CNRS) qu’il a dirigé de 1997 à 2007

[4] Yves Crozet, « Les métamorphoses du modèle économique de la grande vitesse ferroviaire », Bulletin de la Sabix [En ligne], 68 | 2022, mis en ligne le 17 mai 2022, consulté le 16 juillet 2022. URL : http://journals.openedition.org/sabix/3009 ; DOI : https://doi.org/10.4000/sabix.3009

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Notre association s'est fixé dans ses objectifs d'être source d'information et de réflexion sur les problèmes environnementaux en général, et sur le projet de LGV en particulier, dans nos territoires.

A cet effet il nous semble important de mettre à votre disposition les présentations publiques que nous sommes amenés à faire lors de réunions publiques. Ainsi nous débutons cette rubrique en proposant la consultation de la présentation faite le 8 juillet à Saint Médard d'Eyrans à l'occasion de l'Assemblée Constituante de notre association.

Bon visionnage. J.R . Thomas

 

Cliquer ici:

 http://sd-2.archive-host.com/membres/up/8889538985686605/reunionspubliques/Module_presentation_AG_constituante_V2.ppt

 

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