Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 14:42

 

 

La revue de presse – Avril 2012

 

 

Nota : Comme d’habitude les références retenues dans la presse peuvent être consultées en cliquant sur le lien hypertexte accessible avec les mots en caractères bleu gras. 

 

 

Un financement toujours incertain

 

Le printemps qui s’approche n’apporte toujours pas les signes d’une montée de sève financière pour les grandes infrastructures ferroviaires dont les LGV du SEA et du GPSO.

Après les déboires pour le tour de table de la LGV Tours-Bordeaux, dans lequel certains gros financeurs comme la Région Poitou-Charentes ont laissé à l’Etat le soin de couvrir leur partie face à LISEA tenant du PPP(partenariat public privé), le doute subsiste pour finaliser les participations des collectivités territoriales au pot de plusieurs milliards nécessaires pour l’ensemble SEA+GPSO.

Le quotidien 20 minutes.fr rappelle que Midi-Pyrénées participe au financement de Tours-Bordeaux mais, comme d’autres collectivités, «  ont toutefois conditionné leur engagement au respect du calendrier du Bordeaux-Toulouse prévoyant les premiers coups de pioche en 2017 ».

Or rien n’indique aujourd’hui que les collectivités du grand Sud-Ouest seront à même de trouver en 2012-2013 les moyens pour finaliser Tours-Bordeaux (coût global estimé 7,8 milliard d’euros) et, entre 2014-2017, le GPSO  dont on peut prévoir qu’il dépassera largement les 10 milliards d’euros!

 

 

  

Réduire la voilure…

 

En cette veille d’échéance électorale majeure, à l’heure des grands choix économiques pour la France dans les prochaines années, on peut imaginer qu’en bon « capitaine » la prochaine équipe gouvernementale aura à prendre les bonnes options quant aux infrastructures imaginées dans le SNIT où il était question de construire 4000 km de LGV  pour un coût estimé au minimum à 150 milliards d’euros.

Déjà ces derniers mois la réalité économique étrangle les utopies technologiques des inconditionnels de la grande vitesse à tout prix.

 

Après qu’on eut revu le tracé et les caractéristiques d’une « LGV » PACA qui serait désormais une voie classique améliorée, L’Usine Nouvelle nous apprend que la LGV Paris-Normandie « n’est plus une ligne à grande vitesse, mais une ligne nouvelle sur une partie de son tracé ».

Si RFF poursuit les études de cette voie nouvelle il prévient que la vitesse de circulation sera de 250 km/h à l’ouest de Mantes et de 200 km/h entre Paris et Mantes. On est loin des envolées techniciennes qui  s’émerveillent des 320, 350, 370 km/h que pourraient atteindre nos TGV !

D’autant que ce projet à prés de 10 à 14 milliards d’euros soulève des interrogations quant à son financement comme l’écrit l’hebdomadaire La Vie du Rail du 25 avril dernier (page 14).

 

C’est aussi cet hebdomadaire (voir parution du 18 avril 2012) qui s’intéresse aux « dossiers chauds » pour le futur Président de la République.

On peut y lire page 5 : « Le discours dominant, à la SNCF, à RFF, à la RATP, chez les opérateurs urbains, et, dans une certaine mesure, chez les industriels c’est : « priorité à l’existant ». En d’autres termes, le temps du réalisme est espéré. Celui où l’on fera un tri parmi les grands projets d’infrastructures, celui où on veillera à l’efficacité des politiques publiques que l’on met en œuvre pour les transports ».

C’est toujours dans ce numéro de La Vie du Rail (page 7) que l’on s’interroge comment financer les « coups partis » inscrits dans le Schéma National des Infrastructures de Transports (SNIT).

Roland RIES, conseiller transports du candidat François HOLLANDE, estime que l’on doit continuer « les coups partis » (dans ce cas seule la LGV Tours-Bordeaux devrait être achevée mais le GPSO devrait être stoppé) et que les autres projets « devront faire l’objet d’une analyse économique sur le rapport entre l’investissement consenti et le service espéré ».

 

On ne sera pas étonné par ailleurs de voir des économistes renommés comme Rémy PRUD’HOMME parler du TGV (et plus particulièrement des LGV) comme « un investissement régressif, pour lequel les pauvres financent, via la TVA, un train que ne prennent que les riches ».

Il dénonce aussi les subventions publiques réelles qui accompagnent les contrats de partenariat public-privé (PPP) présentés comme « une baguette magique » du financement des infrastructures publiques de transports à grande vitesse, montrant qu’elles sont aujourd’hui de 50% mais que « plus on avancera dans le programme du Grenelle, et plus le taux de subvention requis augmentera. Il sera vite de 60 %, puis de 70 %, voire davantage. Or lors de la préparation du Grenelle, il y a deux ans, le taux de subvention des LGV décidées était - promis, juré - inférieur à 30 % ! ».

 

Alors quand les postulants au poste suprême clament qu’il faudra réduire le déficit et juguler la dette de la France on peut espérer que le gagnant saura « réduire la voilure » dans des infrastructures technologiques somptuaires et inflationnistes pour réserver  le potentiel financier national aux modes de transports garantissant la liberté de circulation du plus grand nombre (TER, Intercités, TEOZ…). 

 

 

Les élus des collectivités territoriales au centre des choix

 

Mais ce n’est pas au seul chef de l’Etat que ces choix prioritaires s’adressent pour les prochaines années. La décentralisation qui fête ses 30 ans, et son renforcement prévisible dans les prochaines années, font de nos élus des collectivités territoriales les acteurs privilégiés pour la structuration des transports au quotidien.

Certains comme au Pays Basque ou en Lot et Garonne ont déjà croisé le fer avec RFF et les services de l’Etat pour faire entendre leur voix et celles de leurs concitoyens.

 

L’appel au Tribunal Administratif pour combattre l’arrêté préfectoral gelant les permis de construire sur le tracé du GPSO en Pays Basque montre la détermination de ces élus locaux.

 

Le Président du Conseil Général du Lot et Garonne, Pierre CAMANI, envisage maintenant (après avoir  autorisé le financement de Tours-Bordeaux) de refuser de participer au financement du GPSO. Pour lui « Le Département n'a pas les moyens », suffisamment étranglé par des « dépenses obligatoires transférées et mal compensées par l'État ». La sagesse vient après l’analyse des tromperies de la technostructure…

 

Le bras de fer n’est pas fini entre des élus qui résistent et le conglomérat de quelques instantes dirigeantes régionales ou nationales sous l’aiguillon du lobbying des grands du BTP. Preuve en est la pression exercée par RFF sur les élus locaux basques qui « avaient décidé de se serrer les coudes pour résister au rouleau compresseur LGV » et « de ne pas ouvrir la porte des négociations avec RFF ».

 

Reste à savoir si le « rouleau compresseur » de RFF n’entamera pas la cohésion des élus locaux engagés dans la défense prioritaire de leurs territoires respectifs.

Le ciment de cette solidarité entre élus pourrait venir du combat de fond qu’ils livrent avec les associations environnementales locales autour de la reconnaissance des données réalistes concernant le bien fondé ou non d’une infrastructure qualifiée « d’utilité publique ».

 

On doit se souvenir que, comme le souligne l’article d’Arnaud DEJEANS (Sud-Ouest.fr), « La question se pose clairement depuis plusieurs mois : RFF aurait-il gonflé ses chiffres pour justifier un tel projet ? » reprenant l’hypothèse évoquée par le député Hervé MARITON quand il écrivait : « Il y a une tendance générale à surestimer les bénéfices d'un projet pour les opérateurs et les gestionnaires d'infrastructures, du fait de prévisions de trafic trop optimistes ».

 

Nos élus territoriaux, et principalement ceux qui appuient sans retenue les tenants de la grande vitesse à tous crins, seraient bien inspirés de relire les différents essais et recherches universitaires qui prouvent qu’une LGV (TGV) n’est pas une garantie automatique de l’expansion économique des territoires traversés : c’est ce que rappelle Marie DELAPLACE, chercheuse spécialiste des LGV, dans son interview donné à Sud-Ouest le 12 avril dernier.

Ils pourraient ainsi faire œuvre d’un vrai pouvoir de décision indépendante, réfléchie et concertée et pas seulement « accompagner » le projet de RFF par des mesures, comme celles votées (voir Sud-Ouest.fr du 14 avril) par la Communauté d’Agglomération d’Agen sur le dossier « consacré aux mesures d'accompagnement des particuliers, entreprises et collectivités impactés par la Ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse ».

 

Cette absence d’une vraie analyse raisonnée dans un dossier aussi important que la construction de milliers de km de LGV en France devrait alerter nos élus, s’ils prenaient conscience du danger du suivisme et de la précipitation en la matière, quand on observe les conséquences pour leurs administrés à l’étranger (voir la réaction rapportée par Sud-Ouest en Pays-Basque espagnol où l’on construit sans concertation l’Y basque ferroviaire à grande vitesse) ou, plus prés de nous en Charente, quand les compensations promises par LISEA à une commune charentaise ne sont pas au rendez-vous (voir Sud-Ouest du 4 mai).

 

  

Quand le maire se fait épingler… mais reçoit l’absolution

 

Le contentieux qui avait éclaté entre une partie de la municipalité de Saint Selve et son maire, avait abouti à une action en justice contre le premier magistrat pour prise illégale d’intérêt.

Le Procureur de la République vient d’éteindre la plainte en décidant de son classement comme le rapporte Sud-Ouest dans son édition du 26 avril : « Il écrit que l'examen de la procédure ne justifie pas de poursuite pénale au motif que les faits qui ont fait l'objet d'une plainte sont bien une infraction, mais le délai fixé par la loi pour pouvoir les punir est dépassé. Plus de trois ans après ».

L’infraction est bien reconnue toutefois par le Procureur et seule « la procédure » vient sauver Pierre-Jean THERON.

Pour ceux qui auront à subir dans les autres communes la nuisance de la LGV repoussée ainsi de Saint Selve, l’histoire peut paraître saumâtre !

De même il faudra certainement demander aux nouveaux habitants du lotissement, astucieusement situé dans le tracé de la LGV par le premier magistrat de la commune, si la vie dans un site inondable est une panacée ?

 

Sur le front des grands projets inutiles

 

Une fois n’est pas coutume, dans cette revue de presse nous donnerons aujourd’hui un coup de projecteur sur l’exemple des grands projets inutiles autres que les LGV SEA et GPSO.

 

C’est sous la plume de Jean-Luc PORQUET, journaliste au Canard Enchaîné (édition du 2 mai 2012, page5) que nous pouvons prendre conscience du gâchis économique et environnemental qui s’attache au projet du nouvel aéroport « international » ( !) de Notre-Dame-des-Landes prés de Nantes.

Là aussi le tout puissant lobby du BTP, en osmose avec des élus locaux de tous bords, dont Jean-Marc EYRAULT, possible premier ministre d’un éventuel gouvernement de François HOLLANDE au lendemain du 6 mai, s’escrime depuis des années à promouvoir une infrastructure aéroportuaire sans rapport avec le réel besoin de circulation aérienne dans le Grand Ouest qui dispose déjà de quatorze aéroports !

Pour les partisans de la « croissance » une métropole (Nantes) n’est digne de ce nom que si elle concurrence ses voisins, si elle est plus attractive.

 

On retrouve ici le mal contemporain d’un aménagement du territoire qui favorise la métropolisation et installe une compétition inter-villes stérile et préjudiciable au final pour l’ensemble des activités économiques, industrielles et agricoles des régions.

 

Jean-Luc PORQUET cite le sociologue Jean-Pierre GARNIER qui décrit cette dynamique autocentrée de la métropole ainsi : « La ville compétitive fonctionne sur le triptyque industrie de pointe+centres de recherches et laboratoires+enseignement supérieur ».

 

On peut reconnaître ici les piliers argumentaires de nos grands élus régionaux, tous obnubilés par la conquête du leadership urbain, comme peuvent l’être Alain JUPPE dans le projet Euratlantique, Alain ROUSSET ou Martin MALVY pour le GPSO.

 

Et Jean-Luc PORQUET de conclure son article par : « Mon aéroport sera plus gros que ton aéroport. Et les vaches ne seront plus gardées… ».

 

En écho aux propos de Jean-Luc PORQUET on trouve à nouveau un article de La Vie du Rail (édition du 18 avril 2012, page 11) qui s’interroge : « Inéluctable, le projet de création d’un aéroport à Notre-dame-des6landes, au nord de Nantes ? ».

On y apprend par Geneviève LEBOUTEUX, élue EELV au Conseil Régional des Pays de Loire : « Tous les partis politiques sont opposés à cet aéroport…sauf les deux plus importants ! », elle qui fait partie du Collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport (Cedpa).

Ce Collectif résiste à ce que certains qualifient « d’inéluctable » (ah la méthode Coué !) et une étude commandée par lui au cabinet hollandais CE Delft laisse apparaître que « l’optimisation de la plateforme aéroportuaire actuelle [Aéroport Nantes-Atlantique] générerait plus de richesses que la construction d’un nouvel aéroport ».

Les mois à venir verront peut être la raison l’emporter…

 

   

 

Jean-Robert Thomas                                              5 mai 2012

 

 

 

 

 

Par lgvea.over-blog.com - Publié dans : Revue de presse
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 15:10

 

La voix des élus

 

Nous étions de ceux qui, depuis des années déjà, alertaient citoyens et élus sur le mirage d’une corrélation et d’une causalité entre la construction des LGV et l’expansion économique des villes et territoires traversés.

Une fois de plus des géographes comme Marie DELAPLACE viennent confirmer qu’il n’y a rien d’automatique entre le dynamisme d’un territoire et l’arrivée d’une LGV (cf. http://www.sudouest.fr/2012/04/13/impact-economique-rien-d-a-utomatique-686754-710.php ). Ce mythe de l’attractivité associé aux seules infrastructures de transports se heurte à la réalité scientifique comme le montre l’exemplaire capitale du Nord, Lille, étudiée par le département de Géographie de l’Ecole Normale Supérieure (cf. http://www.geographie.ens.fr/Le-mythe-de-l-attractivite-par-la.html ).Rappelons que, dès 1993, Jean-Marc OFFNER, géographe et actuel Directeur Général de l’Agence A’URBA à Bordeaux, parlait[I] du « mythe politique et de la mystification scientifique »  qui soutenaient l’effet structurant du transport, notamment des LGV, en concluant « …accréditer l’idée que la notion d’effet structurant des transports s’avère sans fondement scientifique ».

C’est encore Marie Delaplace, analysant « l’effet TGV » en Champagne-Ardenne en 2006[II] qui pointait le risque d’une compétition d’agglomérations liée aux LGV en notant : « Sur le département de la Marne, Reims, capitale économique de la Champagne-Ardenne, voit ainsi son accessibilité renforcée au détriment d’autres villes telles que Châlons-en-Champagne ou Epernay ».

Depuis ces dernières années en France les exemples de cette déconnexion entre la traversée des territoires par une LGV et la croissance de ceux-ci abondent dans les différentes recherches universitaires et trouvent souvent en écho les déconvenues des élus locaux face au mythe de la grande vitesse.

Au-delà du contexte géographique lié aux LGV, ces dernières constituent aussi un vecteur de la dichotomie sociale observée dans les moyens de transports, le TGV comme l’avion étant plus souvent réservés aux catégories supérieures de la société française. Ce fait est souligné notamment dans l’étude bibliographique poussée présentée dans un colloque sur la grande vitesse ferroviaire en 2010 où l’on relève : « Si les gains de temps s’accompagnent d’une augmentation des trafics et de reports modaux, les trafics sont souvent inférieurs de 10 à 20 % par rapport aux estimations. Les reports modaux concernent par ailleurs des catégories de voyageurs aux revenus élevés qui ont renoncé à utiliser l’avion au profit de la grande vitesse ferroviaire. C’est donc la clientèle des CSP supérieures et intermédiaires qui est la grande bénéficiaire de la grande vitesse. Les professions supérieures des activités de conseils, d’études et d’assistance connaissent ainsi la plus forte croissance de leur mobilité ».

Sur le plan régional il est intéressant de noter que même RFF, dans une étude[III] visant à prévoir les effets d’une LGV entre Bordeaux et Narbonne sur le développement des aires urbaines d’Agen et Montauban et sur l’aménagement des territoires traversés, reconnaît que « La nouvelle ligne à grande vitesse aura des effets sur les territoires de l’axe, mais ces effets seront hétérogènes, souvent conditionnels et qui pourront participer à l’évolution tendancielle d’un axe qui tend à s’effacer aux profits de Toulouse et Bordeaux ».

A cet effet de polarisation de l’économie et de développement au profit des « métropoles régionales » nos élus seraient bien avisés de réfléchir et d’y voir un danger pour la survie du maillage des petites villes satellites.

Cela est d’autant plus urgent que les maigres subsides étatiques accompagnant la construction des LGV, et accordées à ces communes, relèvent d’un saupoudrage sans comparaison avec les dégâts que provoque une telle infrastructure sur l’aménagement public dans ces territoires : ce n’est pas les quelques 10000 euros/km délivrés par le Fond de Solidarité Territoriale[IV], soumis à des conditions précises pour leur délivrance, qui atténueront l’immense « déménagement » du territoire pour des centaines de petites communes.

Les énormes ponctions financières sur les collectivités locales, et par là sur nos impôts, que réclament aujourd’hui la construction de LGV sont à mettre en perspective avec le peu d’avantages attendus pour l’immense majorité des petites localités implantées sur le parcours et les nombreux impacts sur leur environnement, leurs infrastructures publiques existantes (édifices, routes…), leur assèchement économique au profit des métropoles régionales comme Bordeaux ou Toulouse.

Aujourd’hui les élus locaux confrontés sur le terrain aux entreprises concessionnaires sous pilotage de COSEA (Vinci) découvrent la réalité d’un diktat de cette dernière qui s’affranchit souvent de la réglementation et des clauses de négociation établies auparavant entre les collectivités territoriales, l’Etat et RFF.

Ainsi on défriche sans précaution et au mépris de la loi sur l’Eau en Nord-Gironde, on valide le tracé du GPSO sans attendre les négociations engagées avec les élus locaux en Pays-Basque, les bulldozers avancent au Pays-Basque espagnol sans se soucier des élus communaux et des habitants.

Toujours au Pays-Basque français ce sont  14 communes sur 16 concernées par le GPSO qui refusent de négocier avec RFF devant la tentative de passage en force de ce dernier.  

En Charente certains maires, prenant conscience du désengagement de RFF pour le réseau ferroviaire classique alors que tous les moyens vont à la LGV, somment l’organisme ferroviaire d’assumer ses engagements initiaux et refusent les conditions d’indemnisation sous évaluées que RFF propose aux habitants.

Ces élus, comme tant d’autres en Poitou-Charentes aujourd’hui, en Aquitaine et Midi-Pyrénées demain, seraient bien inspirés d’entendre aussi le cri de leurs concitoyens spoliés de leur propriété par RFF.

Ils pourraient aussi réfléchir à l’évolution d’un aménagement du territoire que va amener la LGV entre les métropoles et au poids réel que va représenter cette infrastructure dans le déplacement des Aquitains face au quasi-monopole de la route pour les trajets courts-moyens (50-500 kms) et l’essor du low-cost aérien pour les trajets moyens-longs (>500 kms).

Enfin il serait pertinent de s’interroger sur les méandres des nouvelles pratiques de financement des infrastructures de transports en France (les  PPP) qui risquent d’être l’équivalent, pour les collectivités territoriales et l’Etat, des « crédits révolving » pour les particuliers : mise de fond public sans retour économique pour le citoyen, fuite en avant d’investissements publics participant à la dette publique mais profitable préférentiellement au BTP privé... Il est notable qu’Henri Emmanuelli, par ailleurs thuriféraire de la LGV dans les Landes, parle de « grand flou » et a des prudences de renard quant aux clauses nébuleuses d’une convention de financement impliquant les collectivités territoriales dans le tour de table du GPSO. 

Alors que conclure quant à l’implication de nos élus dans le dossier LGV ?

Si les sirènes du modernisme et de la technologie ont pu jusqu’alors brouiller la réflexion équilibrée que se doit d’avoir un élu en charge de l’avenir de ses concitoyens, les temps présents lui rappellent l’importance d’un choix critique et argumenté dans ses décisions.

Doit-on voir dans la déclaration de Fabrice BARUSSEAU, conseiller général, dans Sud-Ouest.fr  « Créer une autoroute ou une LGV apportera peu de choses en termes de services aux habitants et encore moins en termes d'emplois locaux » une amorce de clairvoyance ?

Il est encore temps pour ceux qui se disent mandatés par leurs électeurs d’agir en toute indépendance pour le bien public, pour le véritable intérêt général, pour un équilibre des territoires : leur voix doit être entendue.

C’est par leur discernement, leur respect du concitoyen, leur équité dans les choix d’un aménagement du territoire pour le bien du plus grand nombre que nos élus locaux gagneront le respect et la reconnaissance de leurs électeurs.

 

Jean-Robert Thomas                               30 avril 2012  

 

   

 

 



[I] Voir Les « effets structurants » du transport : mythe politique, mystification scientifique ; Jean-Marc OFFNER, Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, L’Espace Géographique, n°3, p. 233-242, 1993

[II] L’arrivée de la LGV en Champagne-Ardenne et la nécessaire réorganisation des rapports de proximité ; Sylvie BAZIN, Christophe BECKERICH, Sophie MASSON, Marie DELAPLACE ; Les Cahiers Scientifiques du Transport, n°49/2006. p. 51-76

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A cet effet il nous semble important de mettre à votre disposition les présentations publiques que nous sommes amenés à faire lors de réunions publiques. Ainsi nous débutons cette rubrique en proposant la consultation de la présentation faite le 8 juillet à Saint Médard d'Eyrans à l'occasion de l'Assemblée Constituante de notre association.

Bon visionnage. J.R . Thomas

 

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